Kinshasa, 13 janvier 2025 – Le Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part ce mardi au premier échange intergénérationnel 2026 organisé par l’ASBL Dialogue Intergénérationnel au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Cette rencontre, placée sous le signe du dialogue citoyen, a réuni responsables politiques, experts et jeunes autour des enjeux de paix et de gouvernance en République démocratique du Congo.
Intervenant en ouverture du deuxième panel, Patrick Muyaya a développé le sous-thème « Processus de Doha et de Washington : vers une paix durable ? Analyse des rapports de force et des acteurs clés ». En l’espace de quelques minutes, le Porte-parole du Gouvernement est revenu sur les accords de Doha et de Washington, réaffirmant l’engagement total du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de son Gouvernement pour le retour définitif de la paix dans l’Est du pays et la consolidation d’un développement économique durable.
Dans un esprit de pédagogie citoyenne et de redevabilité, le Ministre a exhorté la jeunesse congolaise à s’impliquer activement aux côtés des institutions légalement établies. « Cette guerre d’agression n’est pas faite contre le Président de la République, mais contre tous les Congolais. Elle nous est injustement imposée par le Rwanda pour asseoir son modèle économique », a-t-il déclaré, invitant les jeunes à faire de l’engagement citoyen un levier essentiel de paix durable.
S’adressant à l’assistance réunie dans la salle Brel, Patrick Muyaya a tenu à rassurer la jeunesse sur la cohérence et la continuité de l’action publique. « On ne fait jamais carrière dans la jeunesse. Les responsabilités s’assument dans le temps, à travers des institutions organisées », a-t-il rappelé, avant de souligner que « dans un pays, ce ne sont pas cent millions d’habitants qui peuvent, en même temps, engager la nation. C’est pour cela que nous faisons des élections ».
Abordant le fond de son exposé, le Ministre est revenu sur les racines profondes de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC depuis près de trois décennies. « Depuis le génocide rwandais de 1994, nous sommes entrés dans un cycle de violences dont, trente ans plus tard, nous ne sommes malheureusement pas encore sortis », a-t-il expliqué, évoquant la responsabilité directe du régime rwandais dans l’instabilité persistante de la région.
Selon Patrick Muyaya, le Président Félix Tshisekedi a fait le choix, dès son accession au pouvoir, de se tourner vers l’avenir en multipliant les initiatives diplomatiques avec les neuf pays voisins, dans une logique de coopération régionale, de transparence et de paix durable, notamment à travers l’adhésion de la RDC à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) en 2022. « Nous n’avons pas de problème avec le peuple rwandais. Notre différend est avec le régime rwandais, porté par le président Kagame », a-t-il insisté, mettant en lumière la complexité d’un conflit enraciné dans l’histoire et la géographie de la région.
Évoquant les processus de médiation, le Porte-parole du Gouvernement a expliqué que l’échec de certaines initiatives régionales avait conduit à une intensification des violences, avant l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, ouvrant la voie à un dialogue encadré et exigeant le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Il a notamment rappelé la rencontre du 18 mars entre le Président de la République et son homologue rwandais sous l’égide de l’Émir du Qatar, une dynamique renforcée par l’implication du Qatar, du gouvernement américain et par des sanctions internationales ciblant le Rwanda.
À Washington, a-t-il précisé, les discussions ont porté à la fois sur la dimension régionale de la paix et sur un partenariat stratégique bilatéral. « Dans l’accord de paix, nos lignes rouges ont été respectées. Aucun centimètre carré de notre territoire ne sera cédé », a martelé Patrick Muyaya, soulignant que la sécurité demeure le préalable indispensable à toute intégration économique régionale.
Le Ministre a également dénoncé le rôle du Rwanda dans le soutien aux groupes armés opérant à l’Est de la RDC. « Le FDLR comme le M23 n’existent que par la volonté du Rwanda, et leurs avancées ne sont possibles que parce que certains Congolais trahissent leur pays », a-t-il affirmé, rejetant toute accusation de discours de haine au sein de la société congolaise.
Concernant le processus de Doha, Patrick Muyaya a indiqué qu’une déclaration de principes avait été signée et que huit problématiques majeures avaient été identifiées, parmi lesquelles le cessez-le-feu et les échanges de prisonniers constituent les premières avancées concrètes. « Ces textes sont publics. Aucun accord signé dans le cadre de Doha ou de Washington n’est secret », a-t-il rassuré.
En conclusion, le Porte-parole du Gouvernement a lancé un appel à une mobilisation collective et responsable autour de la quête de la paix. « Cette guerre n’est pas celle d’un régime. Deux Chefs d’État congolais en sont morts et des millions de Congolais en ont été victimes », a-t-il rappelé, soulignant que les ressources aujourd’hui consacrées à l’effort de guerre pourront, une fois la paix rétablie, être orientées vers le bien-être social, la santé et l’éducation.
Ce panel a également connu la participation du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, du Secrétaire exécutif d’Ebuteli, Freud Bauma, ainsi que du Directeur général de Glorhis Multiservices SARL, Don Mbuyi. La jeunesse congolaise, fortement mobilisée, était notamment représentée par le Président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi.
Les organisateurs ont salué la disponibilité des membres du Gouvernement Suminwa II, qui ont consacré plus de trois heures au Centre Wallonie-Bruxelles pour échanger sans filtre avec les jeunes venus nombreux répondre à leur invitation.