Rabat, 8 avril 2026 — Face à l’essor rapide des technologies de défense, notamment l’utilisation croissante des drones sur les théâtres d’opérations, les armées à travers le monde accélèrent leur transformation. En Afrique, cette dynamique se traduit par un intérêt soutenu pour le renforcement des capacités opérationnelles et la formation spécialisée.
Dans ce contexte, le Maroc s’apprête à franchir une étape majeure en accueillant le premier centre régional américain de formation aux drones sur le continent. L’annonce a été faite par le général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique (USAREUR-AF). Ce projet ambitieux débutera par une phase pilote intégrée à l’exercice militaire African Lion 2026, prévu du 20 avril au 8 mai dans le royaume chérifien, en collaboration avec plusieurs armées africaines.
Ce programme vise à doter les forces armées africaines de compétences avancées dans l’usage des drones, devenus incontournables dans les opérations modernes. Seize militaires issus de pays partenaires participeront à cette première session, structurée autour de deux axes principaux : l’intégration des drones dans la planification stratégique des opérations et la maîtrise technique de différents systèmes.
Au-delà de l’aspect technique, cette initiative illustre le renforcement de la coopération militaire entre les États-Unis et leurs partenaires africains. Elle intervient dans un contexte global marqué par la montée en puissance des drones dans les stratégies sécuritaires. Polyvalents et de plus en plus accessibles, ces équipements sont désormais utilisés pour des missions variées allant de la surveillance au renseignement, en passant par les interventions ciblées, avec un rapport coût-efficacité souvent supérieur à celui des équipements traditionnels.
Parallèlement, le marché des drones militaires connaît une croissance soutenue. Selon le cabinet Fortune Business Insights, il pourrait atteindre 30,9 milliards de dollars d’ici 2034, contre 18,2 milliards en 2025 et 20,8 milliards en 2026, traduisant une demande mondiale en forte expansion.
Sur le continent africain, l’intérêt pour ces technologies se renforce progressivement, notamment pour répondre aux défis sécuritaires liés à la surveillance des frontières, à la lutte contre les trafics illicites et à la protection des infrastructures critiques. Toutefois, cette adoption reste contrastée. Si les drones légers se démocratisent, l’accès aux systèmes plus sophistiqués, capables de missions avancées de renseignement ou d’intervention, demeure limité en raison de leur coût élevé.
Avec ce nouveau centre de formation, le Maroc pourrait ainsi jouer un rôle clé dans la montée en puissance des capacités militaires africaines à l’ère des technologies intelligentes, marquant une nouvelle étape dans la modernisation des forces de défense sur le continent.