Bokumwana

Kinshasa, le 14 juin 2026 – Les avocats du vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana Maposo, ont adressé un mémorandum au président de la République afin de contester les accusations formulées à l’encontre de leur client par le vice-gouverneur de la Mongala, Cédric Ayaka Kuma. Dans ce document de « mise au point et rétablissement de la vérité », ils estiment que ce dernier cherche à faire porter au vice-ministre la responsabilité de ses déboires politiques et judiciaires.

Cette démarche intervient à la suite du mémorandum transmis par Cédric Ayaka Kuma au Chef de l’État, dans lequel il dénonçait ce qu’il considère comme un acharnement orchestré par plusieurs personnalités politiques et administratives, parmi lesquelles figure Élysée Bokumwana.

Les conseils du vice-ministre rejettent catégoriquement ces accusations. Ils soutiennent que les poursuites engagées contre le vice-gouverneur découlent d’un processus judiciaire normal et non d’une quelconque influence politique. Ils rappellent notamment que le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation ayant conduit l’Assemblée provinciale de la Mongala à autoriser des poursuites contre Cédric Ayaka Kuma a été adopté par seize députés provinciaux sur les vingt que compte l’organe délibérant.

Selon les avocats d’Élysée Bokumwana, les difficultés du vice-gouverneur ne se limitent pas à son différend avec le vice-ministre du Budget. Ils affirment que l’intéressé entretient des conflits avec plusieurs institutions de la République ainsi qu’avec différentes personnalités politiques au niveau national et provincial.

Le mémorandum fait notamment référence aux critiques formulées par Cédric Ayaka Kuma à l’égard du vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Les avocats estiment que ces déclarations illustrent l’existence de tensions plus larges entre le vice-gouverneur et certaines autorités de l’État.

Accusations rejetées par le camp Bokumwana

Parmi les griefs formulés par le vice-gouverneur figure l’accusation selon laquelle Élysée Bokumwana aurait influencé l’Assemblée provinciale pour organiser une session extraordinaire destinée à examiner le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation.

Les avocats du vice-ministre contestent cette version des faits et considèrent que les décisions prises par l’Assemblée provinciale relèvent exclusivement de ses prérogatives institutionnelles. Ils soutiennent qu’aucun élément ne permet d’établir une implication directe de leur client dans cette procédure.

Une confrontation portée au sommet de l’État

Au-delà de la défense d’Élysée Bokumwana, le mémorandum revient également sur plusieurs épisodes du parcours politique et judiciaire de Cédric Ayaka Kuma. Les auteurs du document évoquent notamment différentes procédures et contentieux qu’ils jugent pertinents pour comprendre le contexte de cette affaire.

Cette confrontation par mémorandums interposés intervient dans un climat de fortes tensions politiques au sein de la province de la Mongala. Depuis plusieurs mois, les relations entre le vice-gouverneur, l’Assemblée provinciale, le gouvernement provincial et certaines autorités nationales se sont progressivement détériorées.

Alors que Cédric Ayaka Kuma dénonce une série de manœuvres dirigées contre sa personne, le camp Bokumwana affirme que les poursuites engagées à son encontre résultent du fonctionnement normal des institutions judiciaires et parlementaires. Le dossier se retrouve désormais entre les mains du président de la République, appelé par les deux parties à prendre connaissance de leurs arguments respectifs.