Guillaume Ngefa

Le gouvernement Suminwa II, rendu public le vendredi 8 août 2025, marque l’entrée de Guillaume Ngefa Atondoko au poste stratégique de ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Juriste internationalement reconnu et militant de longue date des droits humains, il succède à Constant Mutamba, poursuivi dans une affaire présumée de détournement des fonds.

Un parcours académique d’exception

Natif de Kodoro, dans la province du Sud-Ubangi, où il est né le 1er avril 1961, Guillaume Ngefa est diplômé en droit de l’Université de Kinshasa. Il a enrichi sa formation à l’Université Columbia (États-Unis), à l’Institut international des droits de l’homme de Strasbourg, et prépare actuellement un doctorat à l’Université Panthéon-Assas à Paris.

Pionnier de la défense des droits humains en RDC

En 1986, il fonde l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), l’une des premières ONG indépendantes œuvrant pour la protection des droits humains en République démocratique du Congo. Sous sa direction, l’ASADHO publie en 1997 un rapport historique dénonçant le massacre et l’extermination de réfugiés hutus par des troupes rwandaises alliées à l’AFDL durant la rébellion contre Mobutu. Ce rapport, qualifiant les faits de “nettoyage ethnique”, évoque environ 200 000 victimes.

Une carrière internationale marquée par la fermeté

Sur la scène internationale, Guillaume Ngefa s’est illustré notamment à la tête de la division des droits de l’homme de la MINUSMA, la mission onusienne au Mali, de 2014 à 2023. Ses prises de position contre les exactions commises sur les civils lui valent d’être déclaré persona non grata par la junte au pouvoir à Bamako.

Un engagement pour le redressement de la justice

Dans un message publié sur X, le nouveau ministre a exprimé sa gratitude au président Félix Antoine Tshisekedi et affirmé sa détermination à relever les défis du secteur judiciaire :

« C’est avec humilité et détermination que j’accepte cette haute responsabilité, conscient des défis qui m’attendent. Je m’engage à œuvrer avec diligence, intégrité et loyauté pour servir notre nation et renforcer l’État de droit. Je mettrai tout en œuvre pour contribuer au développement et au redressement de la justice dans notre pays. »

Avec cette nomination, le gouvernement Suminwa II s’appuie sur un profil reconnu pour sa rigueur et son franc-parler, gage d’un souffle nouveau attendu dans la réforme du système judiciaire congolais.