Judith Suminwa

Dar es Salaam, 3 novembre 2026 – La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué mardi une visite de travail au port maritime de Dar es Salaam ainsi qu’au port sec de Kwala, en Tanzanie. Cette mission s’inscrit dans la volonté du Gouvernement congolais de renforcer l’ouverture économique de la République démocratique du Congo et de consolider sa présence sur l’un de ses principaux corridors commerciaux régionaux.

En visite de travail en Tanzanie, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a inspecté le port de Dar es Salaam et le port sec de Kwala. Kinshasa entend y développer un terminal logistique congolais sur 45 hectares afin de fluidifier les importations et les exportations du pays.

Accompagnée notamment du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, ainsi que de plusieurs députés nationaux congolais, la Cheffe du Gouvernement a échangé avec le ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa, et les responsables de la Tanzania Ports Authority (TPA).

Les discussions ont porté sur la fluidité du transit des marchandises, l’amélioration des opérations portuaires et le renforcement de la coopération logistique entre Kinshasa et Dodoma.

Le port de Dar es Salaam constitue une infrastructure stratégique pour la RDC. Une part importante des marchandises destinées à l’est et au centre-est du pays y transite, tandis que plus de 50 % du fret de transit traité par cette plateforme serait destiné au marché congolais.

« Nous estimons que nos deux pays ont à gagner à travailler ensemble, que ce soit politiquement ou économiquement. En travaillant ensemble, en ayant un partenariat fort, nous avons tous à gagner », a déclaré Judith Suminwa Tuluka.

Kwala, futur point d’ancrage logistique congolais

Après la visite du port maritime, la Première ministre s’est rendue par train à Kwala, dans le district de Kibaha, à environ 100 kilomètres de Dar es Salaam. Ce port sec, relié au réseau ferroviaire à écartement standard, est appelé à devenir une plateforme majeure de traitement et d’acheminement des marchandises vers les pays de l’intérieur du continent.

L’enjeu central de cette visite concerne les 45 hectares mis à la disposition de la RDC par la Tanzanie pour l’aménagement d’un terminal logistique congolais.

Ce futur espace devra permettre la réception, le stockage, le traitement et le dédouanement des marchandises congolaises avant leur acheminement vers le territoire national. Il devrait également rapprocher les services douaniers et logistiques congolais du principal point de transit maritime utilisé pour approvisionner l’est du pays.

Pour le Gouvernement, cette implantation pourrait contribuer à réduire les délais de traitement, améliorer la traçabilité des cargaisons et limiter les coûts liés au transport. Elle offrirait aussi un cadre mieux organisé pour les exportations congolaises, notamment celles des produits miniers.

« Nous, la RDC, allons pouvoir avoir un espace pour faire passer les marchandises qui proviennent de l’étranger, qui passent par le port de Dar es Salaam avant d’entrer en RDC. De la même manière, la Tanzanie aura aussi un espace en RDC où pourront passer les exportations congolaises, en particulier les minerais », a expliqué la Première ministre.

Une coopération voulue par les deux Chefs d’État

Cette démarche s’inscrit dans la coopération stratégique engagée entre le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan. Lors de leurs rencontres des 17 et 18 août 2026 en Tanzanie, les deux dirigeants avaient réaffirmé leur volonté de renforcer les connexions économiques et infrastructurelles entre leurs pays, à travers les ports, les réseaux ferroviaires, les routes et le transport lacustre.

Le projet répond également aux ambitions du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028, dont le troisième pilier est consacré à la connectivité du territoire national.

Au-delà de la facilitation du commerce, Kinshasa entend faire du corridor de Dar es Salaam un instrument de maîtrise des flux commerciaux, de mobilisation des recettes publiques et d’intégration régionale.

La présence des députés nationaux à cette mission traduit, quant à elle, la volonté d’associer le Parlement au suivi et au financement du projet, dans un contexte de session budgétaire.

« Nous avons salué cette transparence et le fait que Madame la Première ministre ait pensé à associer directement l’institution parlementaire. Nous serons amenés à mener des plaidoyers au sein du Parlement afin que l’autorité budgétaire puisse penser à une certaine affectation des fonds pour la matérialisation de ces projets », a déclaré le député national Berthos Kabey.

À travers le terminal de Kwala, la RDC veut ainsi transformer un corridor déjà largement utilisé par ses opérateurs en un véritable levier de compétitivité économique, de facilitation des échanges et de coopération avec la Tanzanie.