Kinshasa, 21 septembre 2025 – L’abbé Blaise Kanda, figure connue pour son activisme sur les réseaux sociaux, a déclenché une vive polémique après avoir affiché publiquement son soutien au président Félix Antoine Tshisekedi. Dans un message diffusé sur son compte X, Blaise Kanda a attribué les critiques visant le chef de l’État à des considérations d’origine régionale, affirmant que « vous avez le droit de le haïr. Laissez-nous le devoir de le soutenir. Si vous dites que je le soutiens car il est de chez nous, laissez-moi vous dire que vous le haïssez car il n’est pas de chez vous. »
Cette sortie, qui établit un lien direct entre loyauté politique et appartenance communautaire, a suscité de vives réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. L’opposant Claudel Lubaya a dénoncé une « thèse insensée et dangereuse », insistant sur le fait qu’un président élu a pour circonscription l’ensemble du territoire national et non une seule province. Les propos de Blaise Kanda ont ainsi été interprétés comme une tentative d’ancrer le débat politique dans une logique identitaire.
Dans le même registre, Félix Momat, cadre du Front Commun pour le Congo (FCC), a fustigé une « logique réductrice et délétère », estimant que la légitimité d’un chef de l’État découle des urnes et non d’une identité régionale ou communautaire. Pour lui, la sortie médiatique de Blaise Kanda alimente inutilement les tensions dans un contexte politique déjà fragile.
Ce débat intervient alors que le régime Tshisekedi est régulièrement accusé d’avoir renforcé les clivages régionaux par la nomination de plusieurs responsables originaires du Kasaï à des postes stratégiques de l’appareil d’État. Les propos de l’abbé Blaise Kanda, en s’inscrivant dans cette sensibilité, apparaissent comme un catalyseur des tensions persistantes sur la question de l’unité nationale.
Au-delà de la controverse, cette affaire illustre la persistance du tribalisme comme fracture politique et sociale en République démocratique du Congo, ravivant un débat récurrent sur la gouvernance, la cohésion nationale et l’égalité de traitement entre les différentes provinces.