Augustin Kibassa

Kinshasa, 8 octobre 2025 — La République Démocratique du Congo vient d’amorcer une nouvelle ère dans sa marche vers la transformation digitale. Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a lancé officiellement les travaux de la Commission interinstitutionnelle chargée de rédiger le Plan national du numérique 2026-2030 (PNN 2) et la Stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA).

Au cœur de cette initiative, quatre piliers structurants orienteront la vision du gouvernement : les infrastructures et la connectivité, les plateformes et services publics numériques, le capital humain et l’inclusion numérique, ainsi que la cybersécurité et la confiance numérique. Le ministre Augustin Kibassa a insisté sur la nécessité de doter le pays d’un backbone national en fibre optique, de multiplier les data centers souverains et d’assurer la connexion de 25 millions de citoyens encore exclus du numérique.

En matière de digitalisation de l’administration, le ministre a souligné l’ambition d’offrir des e-services rapides et accessibles, pour une gouvernance publique plus efficace et transparente. Il a par ailleurs rappelé que la sécurité du cyberespace demeure un enjeu fondamental, annonçant la mise en place d’un Centre des opérations de sécurité (SOC), d’un CERT national et de l’Agence nationale de cybersécurité (ANCy).

Le PNN 2026-2030 reposera également sur cinq axes transversaux : l’entrepreneuriat, l’intelligence artificielle, l’innovation, la souveraineté numérique et les partenariats stratégiques. Concernant la Stratégie nationale d’IA, le ministre Kibassa a évoqué une « révolution comparable à l’invention de l’électricité ou d’internet », plaçant le capital humain au centre du dispositif à travers la création d’une Académie nationale de l’intelligence artificielle.

Cette stratégie visera à renforcer les capacités nationales dans des secteurs prioritaires tels que la santé, l’agriculture, l’éducation, la sécurité et l’administration publique. Elle encouragera également la recherche, l’innovation et l’émergence d’un écosystème local de talents.

Les travaux se dérouleront dans une démarche participative incluant les institutions publiques, le secteur privé, les universités et les partenaires techniques. Le ministre a remercié l’ARPTC et l’Agence pour le Développement du Numérique (ADN) pour leur appui technique et financier.

En clôturant son allocution, Augustin Kibassa a appelé à une mobilisation nationale autour de cette vision : « Le chef de l’État a fixé des échéances. Je compte sur votre engagement pour faire de la RDC une Nation digitale ouverte, inclusive et prospère. »

Ce processus s’inscrit dans la continuité de la vision “DRC Digital Nation 2030” du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait du numérique un levier de diversification économique, de création d’emplois et d’efficacité publique. Au total, 1,5 milliard de dollars américains seront investis entre 2026 et 2030 pour concrétiser cette ambition nationale.