Kinshasa, 11 octobre 2025 — Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a tiré la sonnette d’alarme face à la situation préoccupante des lieux de détention provisoire à Kinshasa. Après une visite d’inspection effectuée vendredi dernier dans plusieurs « amigos » de la Police nationale congolaise, notamment dans le district de la Tshangu, il a constaté un surpeuplement critique mettant en péril la dignité et la santé des détenus.
Les conditions observées par Guillaume Ngefa sont jugées inacceptables : des dizaines de personnes s’entassent dans des cellules exigües, sans aération suffisante ni accès régulier à la nourriture. Une situation que le ministre de la Justice a qualifiée de « violation morale de la conscience républicaine », rappelant que la dignité humaine ne s’arrête pas à la porte d’un cachot.
« Chaque détenu a droit à un traitement conforme à la loi et à la conscience morale de la République », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un suivi régulier et d’une meilleure coordination entre les services judiciaires et les organes de sécurité. Pour lui, il est impératif de désengorger sans délai les cachots surpeuplés afin d’éviter des drames humanitaires et des atteintes aux droits fondamentaux.
Le ministre a rappelé que, bien que ces infrastructures relèvent de la Police nationale congolaise ou des Auditorats militaires, le ministère de la Justice reste responsable du respect des droits des personnes privées de liberté. Ce constat s’inscrit dans un vaste programme de réforme du système carcéral congolais, dont l’objectif est d’assurer un encadrement humain et conforme aux standards internationaux.
En conclusion, Guillaume Ngefa a appelé à une action concertée entre la Justice, la Police et les autorités locales pour que la gestion des lieux de détention ne soit plus une zone d’ombre de l’État de droit, mais un miroir de la dignité et de la responsabilité de la République.