Beni, le 17 octobre 2025 — Le tribunal militaire de garnison de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a rendu jeudi son verdict dans le procès de 56 personnes accusées de complicité avec les rebelles islamistes des ADF. Les sentences vont de cinq ans de prison à la peine de mort, illustrant la volonté des autorités judiciaires de frapper fort contre toute forme de collaboration avec le terrorisme.
Parmi les condamnés figurent trois ressortissants étrangers, dont une Rwandaise, identifiés comme acteurs clés dans la logistique, le financement et la fourniture de renseignements au groupe armé. Onze autres prévenus ont, quant à eux, été acquittés faute de preuves suffisantes. Le ministère public a qualifié cette audience de « procès pédagogique et dissuasif », saluant un signal fort envoyé à ceux qui, de près ou de loin, soutiennent les activités des ADF.
Cependant, au-delà du symbole, la population du Nord-Kivu demeure prudente. Depuis plus d’une décennie, les condamnations se succèdent sans que la terreur ne recule véritablement. Entre fin juillet et septembre 2025, plus de 300 civils ont encore été tués dans les territoires de Beni, Mambasa et Irumu. Ce constat alimente les doutes sur l’efficacité de la réponse judiciaire et sur la capacité de l’appareil sécuritaire à éradiquer durablement cette insurrection meurtrière.
Les opérations conjointes entre les forces armées congolaises (FARDC) et ougandaises (UPDF) se poursuivent pourtant dans les zones forestières réputées bastions des ADF. Mais sur le terrain, les résultats tangibles tardent à se faire sentir. Les habitants, pris entre l’espoir et la peur, réclament des actions plus visibles et coordonnées pour restaurer la paix.
Ainsi, malgré la fermeté affichée des juges et les messages de dissuasion envoyés depuis les tribunaux, la machine de guerre des ADF semble encore loin de s’essouffler. Dans les collines de Beni, la justice combat l’ombre d’un ennemi qui, lui, reste bien vivant.