Maombi Katsongo

Ituri, le 22 octobre 2025 — Alors que la République démocratique du Congo poursuit son processus de pacification dans l’Est du pays, le député national Maombi Katsongo Sosthène alerte sur la détresse des agents du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) en Ituri et au Nord-Kivu, une situation qui met en péril les efforts engagés sur le terrain.

Depuis plusieurs années, ces hommes et femmes, pourtant au cœur du dispositif de paix, cumulent jusqu’à trois ans d’arriérés de salaires. Privés de primes et de toute forme d’accompagnement, ils dénoncent un abandon total de la part de l’État. En Ituri, certains agents, livrés à eux-mêmes dans des zones à haut risque, ont été victimes d’exactions. À Mahagi, des agents du programme ont même été pris en otage par des groupes armés, illustrant la vulnérabilité extrême de ces acteurs de la paix.

Au Nord-Kivu, la situation n’est guère différente. À Beni, Lubero, Walikale ou Masisi, les bureaux du P-DDRCS sont souvent fermés. Les agents, en sit-in permanent, campent devant leurs locaux pour réclamer le paiement de leurs salaires et de leurs droits sociaux. Le climat de désespoir grandit, menaçant la poursuite même des activités de désarmement et de réinsertion communautaire.

Face à cette crise persistante, le député national Maombi Katsongo Sosthène, élu de Lubero, a décidé d’interpeller le gouvernement. Le 21 octobre, il a déposé au bureau de l’Assemblée nationale une question orale avec débat adressée au vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants. L’objectif est clair : obtenir des explications sur la gestion des fonds destinés au P-DDRCS et sur la responsabilité du ministère dans le dysfonctionnement de cette structure.

Selon les propos de Maombi Katsongo, l’élu estime « incompréhensible que des agents en première ligne de la paix ne soient pas rémunérés depuis des années ». Une négligence qui, selon lui, met en danger la réussite même du processus de stabilisation dans l’Est du pays.

L’initiative parlementaire de Maombi Katsongo se veut un cri d’alarme pour le gouvernement central. Car au-delà des revendications salariales, c’est tout le mécanisme du désarmement et de la reconstruction sociale qui s’effrite. Sans une prise en charge rapide des agents du P-DDRCS, les efforts de paix pourraient s’effondrer sous le poids de la précarité et du découragement de ceux-là mêmes qui en sont les piliers.