CIRGL

Kinshasa, le 6 novembre 2025 — La capitale congolaise a abrité ce jeudi la 19ᵉ réunion des Chefs d’État-major des Forces de Défense des pays membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Les travaux, présidés par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya, représentant le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, ont réuni les plus hauts responsables militaires de la sous-région pour examiner les défis sécuritaires persistants et définir des pistes d’action communes.

Dans son allocution d’ouverture, Julien Paluku a insisté sur la nécessité d’un partage transparent des renseignements entre les États membres. « La coopération militaire fondée sur la confiance et la transparence est essentielle pour garantir la paix, la sécurité et le développement durable dans la région », a-t-il déclaré, avant de condamner fermement l’agression de la RDC par le Rwanda, accusé de violer le pacte régional de non-agression.

De son côté, le chef d’État-major général des FARDC, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, a exhorté les armées régionales à renforcer la coordination dans la lutte contre les groupes armés opérant dans l’Est du Congo et à soutenir les efforts de stabilisation du Soudan, autre foyer de tension dans l’espace CIRGL.

Le secrétaire exécutif de la CIRGL, João Samuel Caholo, ainsi que le chef d’État-major des Forces armées angolaises, le général Carlos José Dos Santos, ont, quant à eux, réaffirmé le respect du pacte régional et condamné toute forme d’agression entre pays membres, rappelant l’importance du dialogue et de la solidarité régionale.

Présent à la cérémonie, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a souligné que cette rencontre ouvre la voie à la formulation de propositions concrètes qui seront soumises au 9ᵉ sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CIRGL, prévu à Kinshasa le 15 novembre 2025.

En conclusion, Julien Paluku a rappelé qu’il avait déjà pris part, le 24 novembre 2012 à Kampala, à un sommet crucial consacré au mouvement M23, treize ans plus tôt. « L’histoire va-t-elle se répéter ? » s’est-il interrogé, dans une allusion au retour des tensions régionales qui menacent de raviver les plaies d’un passé douloureux.

Cette 19ᵉ réunion marque un tournant diplomatique et sécuritaire pour la sous-région, où la RDC réaffirme son rôle moteur dans la recherche d’une paix durable fondée sur la coopération et la responsabilité partagée.