Kinshasa, le 7 novembre 2025 — La Cour militaire de Kinshasa/Gombe a rendu, ce jeudi soir, son verdict dans le procès très médiatisé des militaires impliqués dans les sévices infligés à Honorine Porche, une citoyenne allemande d’origine congolaise arrêtée lors du braquage de l’agence Rawbank à la place Victoire. Cinq prévenus ont été condamnés à des peines de servitude pénale allant de six mois à dix ans, tandis que quatre autres ont été acquittés.
Sur les neuf militaires jugés, le colonel Mumesa Kimpwene, le capitaine Kongawi, le sous-lieutenant Longongo Omari et le soldat de 2ᵉ classe Tiendela Kayembe Guy ont bénéficié d’un acquittement, la Cour estimant que leur implication directe dans les mauvais traitements infligés à la victime n’était pas établie.
En revanche, cinq autres éléments ont été reconnus coupables de divers chefs d’accusation, dont attentat à la pudeur, violation de consigne et non-dénonciation d’infraction. Le capitaine Mwamba Bayibu a écopé de six mois de servitude pénale pour avoir reçu et partagé les vidéos compromettantes. L’adjudant-chef Tshanganu a été condamné à douze mois, dont six assortis de sursis, tandis que l’adjudant Kamenga Mukela, auteur des vidéos de l’arrestation et de leur diffusion, a été frappé de la peine la plus lourde : dix ans de servitude pénale. Le sergent Mbaki Ndombasi et le soldat Modaya Kembo ont quant à eux reçu douze mois chacun pour non-dénonciation.
Les faits remontent au 16 octobre, jour du braquage à la place Victoire. Honorine Porche, soupçonnée de participation, avait été arrêtée par des éléments des FARDC et de la PNC. La scène de son arrestation, marquée par des violences et une humiliation publique, avait été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant une vague d’indignation en RDC comme à l’étranger.
La Cour militaire, en prononçant ces peines, a voulu envoyer un signal fort : les abus commis par les forces de sécurité ne resteront plus impunis. Ce verdict est salué comme une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité et pour le respect des droits humains au sein des institutions sécuritaires congolaises.