Kinshasa, le 8 novembre 2025 — L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté, lors de sa plénière de ce vendredi, le rapport de la commission permanente Politique, administrative et juridique (PAJ) portant sur l’audition de la cheffe de la Division urbaine des Transports. Cette séance visait à proposer des solutions concrètes pour améliorer la gestion des taxes de stationnement et fluidifier la circulation dans la capitale, notamment dans le secteur des taxis-motos.
Présentant l’économie du rapport, le président de la commission PAJ, Nicolas Wemakoy, a relevé d’importantes irrégularités dans le recouvrement des taxes de stationnement, malgré le potentiel financier que représente ce secteur. Selon ses estimations, Kinshasa compte près de 500 000 motocyclistes, chacun versant en moyenne 500 francs congolais par jour, soit un revenu potentiel de plus de 100 000 dollars américains par jour et près de 2,6 millions de dollars par mois.
Cependant, a-t-il déploré, une grande partie de ces recettes échappent encore au Trésor public : « Il a été constaté que plusieurs sociétés ont signé des contrats de perception avec le ministère provincial des Transports, mais que ces fonds n’arrivent pas à la caisse de l’État. Certaines continuent même à percevoir ces taxes malgré la résiliation de leurs contrats par la Ville. »
L’audition, menée avec l’appui d’experts et de députés issus d’autres commissions, a permis d’établir un diagnostic global des failles administratives et financières du secteur. À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées à l’attention du gouverneur Daniel Bumba Lubaki pour assainir la filière et renforcer la transparence.
Parmi ces recommandations figurent la création de parkings aménagés (payants et gratuits), l’installation de feux de signalisation pour réguler la circulation, l’uniformisation des documents pour les taxis-motos, la révision des contrats de perception des taxes de stationnement, ainsi que l’acquisition de machines de contrôle pour la Division urbaine des Transports.
L’Assemblée provinciale a également insisté sur l’identification des agents de transport par des insignes distinctifs, afin de lutter contre les tracasseries envers les motocyclistes, et sur la digitalisation de la perception des taxes pour plus de transparence et d’efficacité.
Ces mesures, qui entrent en vigueur dès leur adoption, marquent une étape décisive dans la volonté de la Ville de Kinshasa d’instaurer une gouvernance moderne et équitable du secteur des transports urbains. Elles visent aussi à restaurer la confiance entre les autorités, les opérateurs et les usagers, tout en garantissant une meilleure mobilité pour les habitants de la capitale congolaise.