Kasindi, le 17 novembre 2025 — Près de dix mois après la chute de Goma et de plusieurs localités du Nord-Kivu aux mains du M23, l’Ouganda a officiellement remis à la République démocratique du Congo un groupe de militaires FARDC qui s’étaient réfugiés de l’autre côté de la frontière lors des affrontements de janvier 2025.
La cérémonie de remise a eu lieu ce lundi à Kasindi-Lubiriha, à la frontière congolo-ougandaise, en présence des autorités civiles et militaires des deux pays. Parmi elles figuraient le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Evariste Somo, le général Mugisa Joseph des opérations Sokola 1 Grand Nord, ainsi que des responsables ougandais engagés dans les opérations conjointes FARDC-UPDF.
Le gouverneur Somo Evariste a salué l’attitude de Kampala, soulignant l’accueil et la prise en charge assurés aux soldats congolais durant leur séjour forcé en Ouganda. « Nous sommes venus être témoins de la remise, par les services de migration de l’Ouganda, des militaires FARDC qui s’étaient rendus en entrant en Ouganda à partir des zones du Nord-Kivu contrôlées par les assaillants. Nous remarquons qu’ils étaient en train d’être bien pris en charge par ce pays ami », a-t-il déclaré avec satisfaction.
Ce geste illustre la qualité des relations entre Kinshasa et Kampala, à la différence des tensions récurrentes avec Kigali. Malgré des accusations et soupçons mutuels par le passé, l’Ouganda demeure un partenaire sécuritaire clé de la RDC, notamment depuis le lancement en 2021 des opérations conjointes contre les rebelles ADF dans le Nord-Kivu et l’Ituri.
Lors de la chute de Goma et de plusieurs agglomérations, l’enclavement et la pression militaire avaient poussé plusieurs éléments des FARDC à traverser les frontières vers l’Ouganda, mais aussi vers le Rwanda. La remise de ces militaires aujourd’hui marque une étape importante dans la coordination régionale face aux défis sécuritaires persistants dans l’est de la RDC, toujours fragilisé par l’avancée du M23.
Par cet acte, Kampala réaffirme sa volonté de coopérer avec Kinshasa dans la stabilisation de la région, alors que les efforts diplomatiques et militaires se poursuivent pour contenir la crise et restaurer l’autorité de l’État dans les zones encore assiégées.