Kinshasa, le 18 novembre 2025 — Le coût du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2) a été officiellement fixé à 188,47 millions de dollars américains, un montant que la Première ministre Judith Suminwa a rendu public lors du Conseil des ministres du vendredi 14 novembre. Une évaluation financière qui met en lumière l’ampleur du chantier démographique que s’apprête à relancer le pays, plus de dix ans après la dernière tentative.
Ce chiffre symbolise l’importance stratégique de cette opération nationale, indispensable pour doter la République démocratique du Congo de données fiables et actualisées. La veille, jeudi 13 novembre, Judith Suminwa avait présidé la réunion de la Commission nationale du recensement, relançant un processus longtemps suspendu et rappelant qu’il s’inscrit dans les orientations du président de la République en vue d’accélérer le RGPH2.
Le compte-rendu officiel indique qu’il s’agissait de la première réunion du genre depuis 2013. Cette reprise du pilotage politique marque une volonté claire de coordination interinstitutionnelle dans un pays aux dimensions continentales, où la logistique du recensement représente un défi d’une rare intensité.
Selon l’état des lieux présenté, le processus se trouve encore dans sa phase préparatoire, mais plusieurs avancées significatives ont été enregistrées. Parmi elles, la production de 84 % des aires de dénombrement provisoires, la réalisation d’une cartographie pilote sur trois sites, ainsi que la disponibilité des outils techniques et des applications numériques de collecte. Des progrès qui montrent l’ampleur des efforts déjà consentis sur les plans technique et opérationnel.
La feuille de route 2022-2027, au cœur de l’exposé de la cheffe du gouvernement, souligne l’urgence d’un financement adéquat. Les besoins ont été évalués à près de 188,47 millions de dollars pour une exécution estimée à seulement 3,3 mois. Un délai serré qui témoigne de la volonté du gouvernement de mener à bien ce chantier crucial dans un laps de temps réduit.
Les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale sous la coordination de l’UNFPA, ont réaffirmé leur engagement à accompagner le processus. Une coopération internationale jugée essentielle pour sécuriser, moderniser et accélérer le déploiement du recensement à travers le pays.
La question sécuritaire fait également partie des priorités. Des directives ont été adressées au vice-Premier ministre de la Défense afin de tenir, avec le ministre du Plan, une réunion consacrée aux enjeux sécuritaires liés au recensement. En parallèle, les experts des ministères du Plan, de l’Éducation nationale, de la Santé et de la Nouvelle citoyenneté sont appelés à mutualiser leurs ressources matérielles pour assurer une coordination optimale.
Dans les prochains jours, le ministre du Plan, celui de la Défense et celui de l’Intérieur devront transmettre les budgets détaillés des besoins urgents pour la période décembre 2025-janvier 2026. Une étape déterminante pour finaliser le montage financier et engager les premières opérations à grande échelle.
Au-delà de son montant impressionnant, l’investissement de 188,47 millions de dollars représente le prix de l’identification nationale, un enjeu fondamental pour la planification du développement, la gouvernance publique et la projection de la RDC dans le XXIᵉ siècle. Ce recensement, perçu comme une véritable infrastructure de base, pourrait enfin offrir au pays les données démographiques fiables qui lui manquent depuis trop longtemps.