Kinshasa, 23 novembre 2025 — L’état-major général des FARDC et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) ont, pour la première fois, apporté des éclaircissements publics sur les interpellations de plusieurs hauts gradés de l’armée, mettant fin aux spéculations qui circulaient depuis plusieurs jours sur leur sort.
Lors d’une conférence de presse conjointe tenue ce samedi à Kinshasa, le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge, et le président de la CNDH, Paul Nsapu, ont confirmé l’existence de procédures judiciaires en cours à l’encontre de plusieurs officiers supérieurs.
Selon le général-major Ekenge, les interpellations reposent sur des faits « hautement répréhensibles » mettant en cause la sûreté de l’État. Tout en restant prudent face au secret de l’instruction, il a indiqué que l’affaire se trouve actuellement en « phase préjuridictionnelle », avec des interrogatoires menés dans le strict respect de la loi congolaise. « Il ne peut pas y avoir de questions détaillées à ce stade pour ne pas énerver la justice », a-t-il insisté, dénonçant les rumeurs selon lesquelles certains militaires auraient disparu ou auraient été exécutés.
Pour dissiper ces inquiétudes, le président de la CNDH, Paul Nsapu, a assuré que tous les officiers concernés sont « vivants, en sécurité et traités avec dignité ». Après une visite dans les lieux de détention en compagnie d’autres défenseurs des droits de l’homme, il a précisé qu’il ne s’agit pas d’une incarcération classique, mais d’une « assignation à résidence » sous un régime de « libertés contrôlées ». Les officiers ont accès aux soins médicaux, bénéficient de droits aux loisirs, notamment la lecture, et vivent dans des conditions jugées « acceptables ».
Toutefois, une préoccupation demeure : les visites familiales. Les officiers ont demandé une plus grande flexibilité pour recevoir leurs proches, une doléance officiellement relayée par la CNDH au commandement militaire.
En conclusion, Paul Nsapu a réaffirmé la détermination de son institution à suivre le dossier jusqu’à son terme. La CNDH prévoit de déployer des observateurs lors des audiences dès l’ouverture du procès afin de garantir le strict respect des normes juridiques et des droits des prévenus.
Cette prise de parole conjointe marque une étape importante dans un dossier sensible au cœur de l’institution militaire, entre impératifs de sécurité nationale et exigences de transparence.