Kinshasa, 24 novembre 2025 — La gouvernance minière congolaise franchit une nouvelle étape avec la tenue, à Silikin Village, d’un atelier consacré à la présentation et à la dissémination de deux études majeures portant sur l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, ainsi que sur l’évaluation des obligations sociales et environnementales dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Une initiative inscrite dans le Plan de travail 2024-2026 de l’ITIE-RDC, et soutenue financièrement par le Royaume de Belgique.
L’étude sur l’EMAPE met en lumière la complexité d’un secteur à forte portée socio-économique, encore marqué par des défis structurels. Malgré un cadre légal consolidé depuis la révision du Code minier de 2018, les réalités de terrain demeurent contrastées : dispersion des sites artisanaux, faible intégration des coopératives, accès limité aux zones d’exploitation artisanale opérationnelles et porosité persistante entre filières artisanale et industrielle. Les chaînes d’approvisionnement du cuivre et du cobalt souffrent encore d’un manque de traçabilité, notamment en raison de la circulation non contrôlée du minerai et du rôle ambigu joué par certaines entités de traitement.
Parallèlement, l’étude sur les obligations sociales et environnementales relève une augmentation des attentes des communautés riveraines vis-à-vis des entreprises minières. Le Code de 2018 a introduit de nouveaux instruments, tels que les cahiers des charges, la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires pour le développement communautaire, les études d’impact environnemental et social ou encore des exigences de divulgation renforcées. Toutefois, la mise en œuvre reste inégale. Si certaines entreprises publient régulièrement leurs engagements, d’autres affichent des retards notables ou une transparence limitée, suscitant une demande croissante d’information et de participation au sein des communautés concernées.
Cet atelier offre aux administrations, entreprises, coopératives, organisations de la société civile et communautés locales un espace structuré de dialogue. Les échanges porteront notamment sur les constats factuels, les enjeux opérationnels identifiés, la pertinence des recommandations et les pistes d’amélioration de la gouvernance du secteur. Les discussions doivent également permettre de dégager des priorités communes, d’identifier les bonnes pratiques observées dans les provinces minières et de renforcer l’appropriation collective des conclusions des rapports.
Les résultats attendus incluent une compréhension partagée des dynamiques locales, une meilleure coordination entre services techniques, une amélioration de la communication des informations essentielles ainsi qu’une clarification des mécanismes introduits par le Code minier de 2018. L’atelier devrait aussi servir de première étape vers un suivi structuré, en vue d’intégrer les enseignements des études dans le Plan de travail et le budget annuel 2026 de l’ITIE-RDC.
L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large soutenu par le Royaume de Belgique, destiné à renforcer la mobilisation des ressources domestiques. Tandis que ces deux études sont examinées ce 24 novembre, une troisième analyse, portant sur la contribution fiscale des grands projets miniers, sera débattue lors du Forum de haut niveau des 25 et 26 novembre 2025 à Kinshasa. Une séquence stratégique pour consolider la transparence, la redevabilité et la performance du secteur minier congolais.