Kinshasa, le 15 décembre 2025 — La marche annoncée par l’Alliance pour le changement (A.Ch), formation politique de l’opposant Jean-Marc Kabund, n’a pas pu se tenir ce lundi dans la capitale congolaise. Prévue pour appeler à la fin des hostilités dans l’Est de la République démocratique du Congo, au retour du vivre-ensemble, à la défense de l’intégrité territoriale et à l’organisation d’élections apaisées en 2028, la manifestation a été empêchée par un important dispositif policier.
Les militants de l’A.Ch, partis de la place de l’Échangeur dans la commune de Limete, se sont heurtés à une barrière sécuritaire érigée à hauteur de la 17ᵉ rue, devant l’Institut Lumumba. Les forces de l’ordre leur ont interdit de poursuivre la marche vers leur destination initiale. Selon des témoins, certains manifestants qui tentaient de forcer le passage ont été interpellés et embarqués à bord d’un bus de la Police nationale congolaise.
Contactés par lebaobab.net, plusieurs cadres de l’Alliance pour le changement ont dénoncé une interdiction qu’ils jugent contraire à l’esprit de la Constitution. Ils rappellent que le régime d’information consacré par la loi fondamentale permet à tout citoyen ou groupe d’informer l’autorité urbaine de l’organisation d’une manifestation pacifique, afin que celle-ci en assure l’encadrement et la sécurisation, sans exiger une autorisation préalable.
Dans le même temps, Jean-Marc Kabund a lui-même été empêché par la police de quitter sa résidence de Limete pour rejoindre ses partisans. En réaction, militants et cadres du parti se sont dispersés avant de se regrouper au siège de l’A.Ch, situé sur la 11ᵉ rue. Selon le président de la ligue des jeunes du parti, ils envisageaient ensuite de rallier la résidence de leur leader pour exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une entrave à l’exercice des libertés publiques.
De son côté, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, n’avait pas pris acte de la lettre d’information soumise par le parti de Jean-Marc Kabund. Il a justifié cette position en se référant à l’arrêté n°SC/329/CAB/GVK/GVM/2021 du 30 septembre 2021, qui interdit les manifestations dans certaines zones de la capitale, dont celle choisie par l’Alliance pour le changement. L’autorité urbaine évoque notamment les incidents survenus lors de précédentes manifestations, ayant occasionné des dégâts matériels, pour motiver cette décision.
Cet épisode relance le débat récurrent sur l’encadrement des manifestations publiques à Kinshasa, entre impératifs de sécurité et respect des libertés constitutionnelles, dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible pour le pays.