prison centrale de Bunia

Bunia, 21 décembre — La situation de la prison centrale de Bunia demeure préoccupante. Dans un entretien accordé à la presse ce dimanche, le colonel Camile Nzonzi, directeur de cet établissement pénitentiaire, a dressé un constat alarmant des conditions de détention, marquées notamment par une surpopulation extrême et des insuffisances structurelles majeures.

Selon cet officier des Forces armées de la République démocratique du Congo, la prison centrale de Bunia héberge actuellement près de 2.000 détenus, alors qu’elle a été conçue pour une capacité maximale de 500 personnes. Une promiscuité qui pèse lourdement sur les conditions de vie des pensionnaires et complique la gestion quotidienne de la maison carcérale.

Le responsable pénitentiaire souligne également la forte proportion de détenus en détention préventive prolongée, conséquence directe du manque de magistrats. « Nous avons un espace de 500 personnes, mais actuellement la prison centrale de Bunia héberge 1.982 personnes. Parmi elles, il y a beaucoup plus de prévenus que de condamnés, faute d’un nombre suffisant de juges pour traiter rapidement les dossiers », a-t-il expliqué, évoquant ainsi un engorgement du système judiciaire local.

À ces difficultés s’ajoutent des problèmes récurrents liés à la santé des détenus. Le colonel Nzonzi a fait état d’une carence périodique en produits pharmaceutiques, rendant la prise en charge médicale insuffisante dans un contexte déjà fragilisé par la surpopulation.

Toutefois, sur le plan alimentaire, le directeur de la prison se veut rassurant. Il affirme que la situation s’est nettement améliorée grâce à l’appui conjoint du gouvernement central et des autorités provinciales de l’Ituri. « L’alimentation est réglée. Le stock est actuellement plein et peut couvrir les besoins des détenus pour deux à trois mois sans rupture », a-t-il assuré.

En dépit de ces avancées, le colonel Camile Nzonzi reconnaît que les défis restent nombreux. Profitant de cette prise de parole, il a lancé un appel pressant aux personnes de bonne volonté et aux organisations humanitaires afin de soutenir les efforts de l’État. Selon lui, les besoins des détenus vont bien au-delà de la nourriture et concernent notamment la santé, l’hygiène et l’amélioration générale des conditions de détention.

Ce cri d’alarme relance le débat sur la réforme du système pénitentiaire et judiciaire en République démocratique du Congo, où la surpopulation carcérale et la lenteur des procédures demeurent des problématiques structurelles.