TRANSCO

Kinshasa, 24 décembre 2025 — Les agents de l’établissement public TRANSCO ont déclenché, ce mardi, une grève sèche à l’issue d’une Assemblée générale convoquée par l’intersyndicale, plongeant la capitale dans une nouvelle crise de mobilité à la veille des festivités de fin d’année.

À l’origine de ce mouvement social, les travailleurs dénoncent le non-paiement de deux mois d’arriérés de salaire — novembre et décembre 2025 — ainsi qu’un retard de sept mois de primes, communément appelées « intervention économique ». Une situation jugée insoutenable par les agents, dans un contexte de fortes charges familiales propres à la période des fêtes.

Au-delà des revendications salariales, les grévistes pointent des conditions sociales qu’ils qualifient de dégradantes, évoquant notamment la distribution de poulets avariés et de riz de mauvaise qualité. Autant de griefs qui alimentent un profond malaise social au sein de cet établissement public stratégique.

Les agents accusent par ailleurs un climat de tension entretenu par René Bonganga, représentant du vice-premier ministre Jean-Pierre Bemba au Conseil d’administration de TRANSCO. Ils dénoncent un comportement « belliqueux et intimidant », marqué par des menaces et pressions à l’encontre des travailleurs engagés dans la grève, observée depuis plus de 24 heures.

Ce mercredi, la paralysie est totale. Aucun bus n’a quitté les deux principaux dépôts de l’entreprise, notamment celui de Masina (dépôt 1) et celui de Limete (dépôt 2), siège administratif de TRANSCO. Cette situation complique considérablement la mobilité des habitants de Kinshasa, déjà confrontés à de nombreuses difficultés de déplacement.

Sur le site de Limete, des agents ont barricadé l’accès au dépôt, affirmant être arrivés « au bout de leur souffrance ». Pour ces travailleurs, l’année 2025 aura été particulièrement sombre, une situation qu’ils imputent à la mauvaise gestion du comité dirigé par Bilambo.

La tension s’est accentuée avec des arrestations signalées dans la nuit de mardi à mercredi. Des grévistes affirment que ces interpellations auraient été opérées sur instruction de la Direction générale et que les personnes arrêtées auraient été conduites vers une destination inconnue, renforçant ainsi un climat de peur et d’incertitude.

Face à une situation qualifiée d’explosive, les agents de TRANSCO lancent un appel pressant à l’intervention personnelle du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu’à celle de la Première ministre, Judith Suminwa, afin de sauver cet établissement public investi d’une mission sociale essentielle pour la population congolaise.