Kinshasa, 28 décembre 2025 — Aux portes de la capitale congolaise, la menace sécuritaire liée à la milice Mobondo prend une dimension plus large. L’armée congolaise affirme disposer de renseignements faisant état de liens présumés entre ce mouvement armé et certains groupes actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région déjà fragilisée par des conflits persistants.
Ces révélations ont été faites par le capitaine Anthony Mwalushayi, porte-parole des opérations militaires Ngemba, lors d’un échange avec la presse. Selon cet officier, des contacts auraient été établis entre des combattants Mobondo et des groupes armés opérant à plusieurs centaines de kilomètres à l’est du pays, suggérant une coordination au-delà des foyers traditionnels d’insécurité.
L’armée évoque également l’existence de soutiens politiques en arrière-plan. D’après le capitaine Mwalushayi, certaines figures présentées comme influentes sur les plans politique ou social seraient impliquées, de manière indirecte, dans l’organisation du mouvement. Des miliciens capturés auraient cité plusieurs noms au cours des interrogatoires. Les services de sécurité poursuivent leurs investigations afin d’établir les responsabilités éventuelles.
Face à ces soupçons, le porte-parole des opérations Ngemba a mis en garde contre toute tentative de récupération politique de la crise Mobondo. Il a réaffirmé la détermination des Forces armées de la République démocratique du Congo à poursuivre les opérations de sécurisation par des moyens strictement militaires, dans le respect des missions qui leur sont assignées.
Sur le terrain, les actions se sont intensifiées. Ce dimanche 28 décembre 2025, une offensive a été menée dans le territoire de Kwamouth, dans la province du Kwango. Selon l’armée, un bastion de la milice Mobondo, localisé à la ferme CPI, a été démantelé. Sept miliciens auraient été neutralisés et la zone reprise par les forces gouvernementales.
La région demeure toutefois extrêmement sensible. En 2023, la Commission électorale nationale indépendante n’avait pas été en mesure d’y organiser les élections générales, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Un autre front a récemment été ouvert dans le village de Bolingo, situé dans la commune urbano-rurale de Maluku, non loin de Kikwit. Une opération de ratissage y a permis, selon des sources militaires, de neutraliser 15 insurgés Mobondo et de saisir 35 armes, dont six fusils de type AK et 29 armes de calibre 12.
Cette opération a cependant coûté la vie à cinq soldats des FARDC. Le commandement militaire précise que ces pertes ont été causées par des armes de guerre et non par des armes blanches, un élément que l’armée considère comme un indice supplémentaire du caractère structuré de la rébellion, dotée d’un armement conséquent.
Alors que les enquêtes se poursuivent et que les opérations militaires s’intensifient, les autorités appellent à la vigilance et à l’unité nationale face à une menace sécuritaire qui, selon l’armée, dépasse désormais le cadre local pour s’inscrire dans une dynamique plus large.