Goma, 2 janvier 2026 — La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, a tourné au ralenti ce vendredi à la suite d’un appel à manifester lancé par des mouvements citoyens pour dénoncer la présence du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Prévue comme une marche pacifique, l’initiative visait à exprimer le rejet de l’occupation d’une partie du territoire national par ce groupe armé, qualifié de terroriste par les autorités congolaises. Si la manifestation n’a finalement pas eu lieu, plusieurs quartiers de Goma ont néanmoins connu une paralysie quasi totale des activités économiques et sociales, selon des témoignages recueillis sur place.
Contacté par la rédaction, l’un des organisateurs, ayant requis l’anonymat, a parlé d’un « succès » de la mobilisation citoyenne, estimant que l’arrêt des activités traduisait l’adhésion silencieuse de la population à la démarche. La même source affirme que plusieurs militants auraient été interpellés au cours de la journée par des éléments de la police ainsi que par des militaires du M23, puis conduits vers des destinations encore inconnues.
Cet appel à manifester intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Il survient notamment deux semaines après des marches organisées par les forces du M23 elles-mêmes, appelant les populations civiles à s’opposer à toute tentative de retrait de leurs troupes des zones sous leur contrôle.
Dans une région éprouvée par des années de conflits armés, ces événements ravivent les inquiétudes des habitants de Goma, pris entre les revendications citoyennes, les restrictions sécuritaires et l’emprise persistante des groupes armés sur leur quotidien.