Grâce Neema

Ango, 8 janvier 2026 – La tension politique et institutionnelle reste vive dans le territoire d’Ango, au Bas-Uélé, à la suite d’un incident tragique ayant coûté la vie à deux jeunes hommes lors des festivités du Nouvel An. Accusée par le gouvernement provincial de désinformation et de récupération politique, la députée nationale Grâce Neema est sortie de son silence pour répondre aux griefs portés contre elle.

Dans une déclaration médiatique faite jeudi 8 janvier, l’élue d’Ango a vivement contesté les accusations de l’exécutif provincial, les qualifiant de « tentative d’intimidation » et de « rhétorique agressive » visant, selon elle, à détourner l’attention des responsabilités réelles liées au drame.

Pour la parlementaire, l’accusation de « récupération politique périlleuse » et de sensationnalisme constitue une atteinte directe à l’exercice de son mandat. Elle estime que dénoncer des faits graves, lorsqu’une population est endeuillée, relève pleinement de la mission d’un élu. À ses yeux, qualifier ses propos de « contre-vérités dénuées de toute décence » sans preuves tangibles s’apparente à une attaque personnelle destinée à la discréditer.

Grâce Neema a également fustigé la menace des autorités provinciales de publier un rapport exhaustif visant à épingler certains élus. Une démarche qu’elle considère comme « inacceptable », dans la mesure où, selon elle, l’urgence devrait être la manifestation de la vérité, la protection des citoyens et la poursuite des auteurs présumés de l’acte criminel.

Pour rappel, deux jeunes diplômés d’État ont été mortellement atteints par balles, attribuées à un présumé policier, lors de la célébration du Nouvel An à Ango. Intervenant sur les ondes de Top Congo FM, la députée nationale avait appelé à l’implication diligente des autorités provinciales afin d’éviter toute escalade et de garantir que justice soit rendue aux familles des victimes.

Alors que l’émotion demeure vive au sein de la population locale, cet échange de accusations entre une élue nationale et l’exécutif provincial met en lumière les fragilités persistantes de la gouvernance sécuritaire et la nécessité d’une réponse institutionnelle apaisée, centrée sur la justice et la protection des citoyens.