Goma, 26 avril 2026 — Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la MONUSCO, James Swan, a achevé ce dimanche 26 avril sa première mission officielle dans l’Est du pays, marquée par une tournée stratégique à Beni, Bunia et Goma, avec pour objectif principal de renforcer la mise en œuvre du cessez-le-feu et de soutenir les efforts de stabilisation dans les provinces touchées par l’insécurité persistante.
Arrivé à l’aéroport international de Goma, le diplomate onusien a rappelé que cette visite intervient près de trois semaines après sa prise de fonctions, dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile au Nord-Kivu et en Ituri. Il a souligné l’importance de cette mission de terrain pour mieux évaluer les réalités locales et renforcer l’action de la MONUSCO dans la protection des civils ainsi que dans l’accompagnement des initiatives de paix.
Selon lui, Goma demeure un point névralgique dans les efforts de stabilisation en cours, notamment en matière de dialogue entre les différentes parties prenantes et de suivi des engagements sécuritaires. Il a précisé que sa présence vise à rencontrer les équipes de la MONUSCO, échanger avec les autorités de facto et examiner les conditions concrètes permettant à la mission onusienne de poursuivre efficacement son mandat sur le terrain.
« Ma présence ici vise d’abord à rencontrer nos équipes, à écouter leurs analyses, à échanger avec les autorités de facto, et à examiner les conditions concrètes dans lesquelles la MONUSCO peut poursuivre son mandat », a déclaré James Swan, en référence aux résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui réaffirment la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
La MONUSCO reste notamment engagée dans l’appui au cessez-le-feu à travers sa participation au Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+). Au cours de son séjour, James Swan prévoit également des échanges avec les membres du Joint Intelligence Fusion Center afin de renforcer les dispositifs de surveillance, de contrôle et de vérification sur le terrain.
Cette visite intervient dans le prolongement des pourparlers de Montreux, organisés du 13 au 18 avril 2026 entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23), dans le cadre du processus de Doha facilité par le Qatar, avec l’implication des États-Unis, de l’Union africaine et l’appui de la Suisse. La MONUSCO a salué les avancées enregistrées, notamment vers la signature d’un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire.
Pour James Swan, plusieurs conditions restent indispensables à la crédibilité du suivi du cessez-le-feu, notamment l’arrêt de l’usage des drones offensifs, la fin du brouillage et de l’usurpation des signaux GPS, la liberté totale de mouvement pour le personnel de la MONUSCO ainsi que la sécurisation des aéroports et de l’espace aérien.
« Nous comptons sur la coopération de tous les belligérants pour qu’on avance rapidement dans ce sens », a-t-il insisté, réaffirmant l’engagement des Nations Unies à accompagner durablement les populations affectées par les violences.
Au lendemain de son arrivée à Goma, soit le samedi 25 avril, James Swan s’est également rendu au camp de transit de Mubambiro, situé à une vingtaine de kilomètres de Goma, près de la cité de Sake. Ce site accueille actuellement 70 ex-combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en attente de leur rapatriement vers le Rwanda, selon la coordination du camp assurée par la section Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDR/RR) de la MONUSCO.
À cette occasion, le Chef de la MONUSCO a souligné que la problématique des FDLR demeure une priorité pour la mission onusienne ainsi que pour la communauté internationale. Il a encouragé les autorités congolaises à poursuivre leurs efforts afin de trouver des solutions durables à cette question, souvent à l’origine de tensions récurrentes entre Kinshasa et Kigali.
Lors de cette visite, il a rappelé que le camp de Mubambiro accueille non seulement d’anciens combattants, mais aussi leurs familles, notamment des femmes et des enfants, pris en charge dans le cadre du programme DDR/RR.
« Aujourd’hui, j’ai visité le camp de transit de Mubambiro où les anciens combattants sont accueillis et pris en charge, à la demande du gouvernement congolais et dans le cadre des efforts en cours visant à soutenir le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration. Il s’agit non seulement des anciens combattants, mais aussi de leurs familles, notamment des femmes et des enfants », a déclaré James Swan.
À travers cette première mission dans l’Est, James Swan entend insuffler une nouvelle dynamique diplomatique et sécuritaire, avec l’espoir de restaurer la confiance des populations du Nord-Kivu et de l’Ituri, tout en consolidant les bases d’une paix durable dans cette partie stratégique de la République démocratique du Congo.