Cyril Ramaphosa

Johannesburg, 14 mai 2026 — Le président sud-africain Cyril Ramaphosa se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une tourmente politique après la relance d’une procédure parlementaire susceptible de conduire à sa destitution, dans le cadre du scandale dit de « Phala Phala », une affaire qui continue de secouer la scène politique sud-africaine.

À l’origine de cette nouvelle séquence politique, une décision récente de la Cour constitutionnelle sud-africaine, qui a estimé que le Parlement n’avait pas respecté la Constitution en 2022 lorsqu’il avait rejeté un rapport indépendant recommandant un examen plus approfondi des accusations visant le chef de l’État. Cette décision ouvre ainsi la voie à une reprise de la procédure institutionnelle autour de cette affaire sensible.

Le scandale Phala Phala remonte à la révélation du vol d’environ 580 000 dollars américains dans la ferme privée du président, située dans la province du Limpopo, au nord-est du pays. Selon les accusations portées à l’époque par d’anciens responsables politiques, cette somme en espèces aurait été dissimulée dans du mobilier au sein de la propriété présidentielle.

Cyril Ramaphosa avait, pour sa part, soutenu que cet argent provenait de la vente légale de buffles à un homme d’affaires étranger. Toutefois, la gestion opaque de cette affaire, notamment les circonstances du signalement du vol et les soupçons d’irrégularités dans le traitement du dossier, ont alimenté une vive controverse nationale.

Profitant de cette relance judiciaire et institutionnelle, plusieurs partis d’opposition ont intensifié leurs attaques contre le président. Les Combattants pour la liberté économique (EFF), formation dirigée par Julius Malema, figurent parmi les plus virulents, réclamant ouvertement la démission immédiate du chef de l’État.

Pour l’opposition, cette affaire entache gravement la crédibilité morale et politique du président, qui s’était pourtant présenté comme le champion du renouveau éthique après l’ère Jacob Zuma, marquée par de multiples scandales de corruption.

Malgré cette pression, la perspective d’une destitution effective demeure politiquement incertaine. Le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir auquel appartient Cyril Ramaphosa, continue pour l’heure de lui apporter un soutien significatif, ce qui pourrait freiner toute tentative de renversement au Parlement.

Cette nouvelle crise intervient dans un contexte politique déjà sensible en Afrique du Sud, alors que le pays fait face à des défis économiques persistants, un chômage élevé et une montée du mécontentement populaire.

L’affaire Phala Phala, loin d’être refermée, s’impose ainsi une fois de plus comme un test majeur pour la stabilité politique sud-africaine et pour l’avenir du mandat de Cyril Ramaphosa.