Kinshasa, le 29 mai 2026 — Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a décidé de suspendre, à titre conservatoire et avec effet immédiat, les activités de quatorze Organismes spécialisés communément appelés « DOT » opérant dans plusieurs provinces minières de la République démocratique du Congo. Cette mesure exceptionnelle est prise pour une durée de soixante jours afin de permettre la régularisation de la situation administrative de ces structures.
Dans une correspondance officielle datée du 29 mai 2026, adressée aux présidents des Organismes spécialisés concernés, le ministre indique avoir constaté que les mandats des membres dirigeant ces structures sont arrivés à échéance depuis plus d’une année, en violation des dispositions réglementaires qui encadrent leur fonctionnement.
Selon le ministère des Mines, cette situation contrevient notamment aux prescriptions du règlement intérieur-type relatif à la mise en œuvre du manuel de procédures de gestion de la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires minimum destiné aux projets de développement communautaire dans le secteur minier. Elle entraîne également la perte de la qualité de membre des responsables concernés au sein de ces organismes.
Face à ce constat, le gouvernement affirme vouloir préserver les intérêts des communautés locales impactées par les activités minières tout en garantissant une gestion régulière et transparente des fonds communautaires géré par les DOT. La suspension vise ainsi à permettre la mise en place d’animateurs et de gestionnaires légitimes, sans compromettre les procédures déjà engagées par la Cour des comptes.
La mesure concerne une première vague de quatorze Organismes spécialisés rattachés à plusieurs grandes entreprises minières opérant dans le Haut-Uélé, le Nord-Kivu, le Kasaï Oriental, le Haut-Katanga et le Lualaba. Parmi les sociétés concernées figurent notamment Kibali Gold Mines, Alphamin Bisie Mining, SACIM, Ruashi Mining, MMG/Kisenvéré, COMIKA, COMMUS, MUMI, KCC, Sicomines, Kamoa Copper, TFM ainsi que CMOC KFM.
Cette décision marque une nouvelle étape dans les efforts du gouvernement visant à renforcer la gouvernance des mécanismes de développement communautaire financés par l’industrie minière. Elle traduit également la volonté des autorités de veiller à ce que les ressources destinées aux populations riveraines soient administrées par des organes régulièrement constitués et conformes aux exigences légales en vigueur.
À l’issue de cette période de suspension, les autorités attendent des organismes concernés qu’ils procèdent à la régularisation de leurs instances dirigeantes afin de reprendre leurs activités dans un cadre conforme aux textes réglementaires du secteur minier congolais.