CDM

Lubumbashi, le 29 octobre 2026 — Quatre organisations de la société civile dénoncent le retard observé dans l’exécution des mesures de réparation, un an après le déversement d’eaux usées chargées en métaux lourds, attribué à l’entreprise Congo Dongfang International Mining (CDM), dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

Dans un communiqué conjoint rendu public ce jeudi, l’Institut de recherche en droits humains (IRDH), Meda Mapendo, Horizon Kasapa et Action pour la Justice et les Droits Humains (AJD) s’inquiètent notamment de la reprise des activités minières de CDM, alors que plusieurs mesures préalables à la levée de la suspension resteraient, selon elles, non exécutées.

« L’entreprise CDM a repris ses activités minières en catimini, sans que l’autorisation de reprise ne soit motivée ni annoncée au public », indiquent ces organisations.

Pour rappel, les activités de CDM sur le site dénommé « CDM/JOLI-SITE » avaient été temporairement suspendues par le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, à travers l’arrêté ministériel n°00754/CAB.MIN/MINES/01/2025 du 6 novembre 2025.

Après cette suspension, une lettre datée du 17 janvier 2026 avait fixé une réparation collective de 6 millions de dollars américains, ainsi qu’un montant de 682 067 dollars américains destiné aux indemnisations individuelles des personnes affectées.

Cependant, près d’une année après les faits, les communautés de Kasapa, Kamatete et Kamisepe attendent toujours l’application effective des engagements annoncés, affirment les quatre structures.

Selon Me Hubert Tshiswaka, l’IRDH et ses partenaires demandent en priorité la publication du rapport officiel de la commission interministérielle chargée d’évaluer les dommages matériels, humains et environnementaux causés par cette pollution.

Ce document devrait notamment permettre d’établir les conséquences de l’exposition aux métaux lourds sur la santé des populations riveraines, y compris les éventuels effets différés, mais aussi de justifier les montants prévus au titre des réparations.

Parmi les mesures attendues figurent la prise en charge sanitaire des personnes exposées pendant au moins cinq ans, la mise en place d’un suivi épidémiologique à moyen et long terme, l’accès gratuit aux soins ainsi que le forage d’au moins quinze puits d’eau potable dans les trois quartiers concernés.

Les engagements incluent également la sécurisation des conduites d’eau de la REGIDESO, l’installation de dispositifs de surveillance des eaux souterraines, l’achèvement de la réhabilitation de la route CDM-Kasapa et la mise en place d’un mécanisme accessible de gestion des plaintes.

Les organisations signataires dénoncent ce qu’elles qualifient de complaisance des autorités et appellent à l’exécution intégrale des réparations collectives et individuelles, conformément aux mesures prescrites par le ministre des Mines.

« La santé des milliers de familles de Kasapa, Kamatete et Kamisepe ne peut être sacrifiée sur l’autel de l’impunité minière », alertent-elles.

À l’occasion du premier anniversaire de cette pollution, l’IRDH, Meda Mapendo, Horizon Kasapa et AJD annoncent, avec les communautés locales, une activité d’évaluation des mesures déjà exécutées et de celles qui restent encore en attente.