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Kinshasa, 27 août 2025 – À quelques jours de la rentrée scolaire, le spectre d’une paralysie totale du système éducatif plane sur la capitale et l’ensemble du pays. Dans une déclaration rendue publique le mercredi 26 août, Godefroid Matondo, porte-parole de l’intersyndicale de l’enseignement, a annoncé qu’une grève pourrait être déclenchée du 1er au 6 septembre si le Gouvernement ne répond pas aux revendications des enseignants.

Des revendications anciennes mais non satisfaites

Les syndicats reprochent à l’exécutif de n’avoir que partiellement respecté les engagements pris lors des commissions paritaires de Mbwela Lodge et de Bibwa. Parmi les griefs mis en avant figurent notamment :

  • la non-uniformisation de la prime de la gratuité au primaire ;
  • l’absence d’augmentation salariale jusqu’au troisième pallier ;
  • la discrimination dans l’octroi des primes spéciales aux inspecteurs et aux agents administratifs d’appoint ;
  • la non-prise en compte du banc syndical au sein de la commission interministérielle ;
  • l’irrégularité de la paie des enseignants dans certaines provinces, dont Idiofa, ainsi que dans les zones sous occupation ;
  • le non-paiement des intervenants aux évaluations certificatives (ENAFEP, TENASOP et session ordinaire 2025) ;
  • l’abandon depuis plus de trois ans des travaux du Centre national des corrections et du Centre national d’organisation.

Selon l’intersyndicale, ces manquements traduisent un manque de volonté politique à trouver des solutions durables aux problèmes structurels de l’éducation nationale.

Une rentrée scolaire menacée

Cette éventuelle grève concernerait l’ensemble des activités scolaires, administratives et d’inspection, avec pour conséquence une rentrée scolaire compromise. « C’est une situation regrettable, mais inévitable si le Gouvernement ne réagit pas », a souligné Godefroid Matondo.

Chaque année, à l’approche de la rentrée, les enseignants multiplient les actions de pression pour obtenir une revalorisation de leurs conditions de travail. Bien que certains accords aient été signés par le passé, leur mise en œuvre reste partielle, ce qui alimente un climat de méfiance.

Une crise récurrente dans un secteur en déclin

Alors que le niveau de l’enseignement national continue de se dégrader, cette nouvelle menace de grève met en évidence la fragilité du dialogue social et l’absence de réformes concrètes. L’opinion publique s’interroge : qui trompe qui, entre Gouvernement et corps enseignant ?

En attendant la réponse de l’exécutif, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes retiennent leur souffle face à l’incertitude qui entoure la rentrée prévue pour début septembre.