Nairobi/Stuttgart, 14 août 2025 – À la suite de la Conférence des chefs d’état-major des armées africaines tenue en mai dernier à Nairobi, le Kenya et le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) passent à l’action en identifiant cinq axes prioritaires pour renforcer la sécurité sur le continent.
Le chef des Forces de défense kényanes, le général Charles M. Kahariri, et l’ex-commandant d’AFRICOM, le général Michael Langley, ont signé une déclaration conjointe au siège d’AFRICOM à Stuttgart, en Allemagne, appelant les pays africains à une meilleure coordination de leurs efforts sécuritaires.
Multilatéralisme et menaces partagées
« Nous pouvons revitaliser le multilatéralisme, surmonter la méfiance croissante entre États, les tensions géopolitiques et le risque d’inaction collective », ont affirmé les deux responsables. Ils soulignent qu’aucun pays, seul, ne peut faire face aux menaces communes telles que le terrorisme, les pandémies ou les crises humanitaires.
Cinq priorités identifiées
La déclaration conjointe fixe cinq domaines clés d’action :
- Capitaliser sur l’innovation : intégrer les nouvelles technologies pour contrer les tactiques terroristes, les cyberattaques et autres menaces émergentes.
- Renforcer les institutions de défense : former les forces, améliorer la coopération inter-agences et consolider les relations civilo-militaires.
- Promouvoir le leadership africain : privilégier des approches dirigées par les Africains, soutenues par des partenariats ciblés.
- Favoriser la coopération régionale : encourager les synergies entre pays voisins et partenaires.
- Impliquer la société civile : collaborer avec le secteur privé, les universités et les leaders communautaires pour consolider la paix.
Le président kényan William Ruto avait déjà rappelé, lors de l’ouverture de la conférence de Nairobi, que « la véritable sécurité en Afrique doit être continentale dans son ambition et collaborative dans son exécution ».
Un engagement pour l’avenir
Cette initiative intervient dans un contexte de transition pour AFRICOM : le général Langley, après plus de 40 ans de service, a cédé le commandement au général de l’Air Dagvin Anderson le 15 août, avant de prendre sa retraite quelques jours plus tard à Washington.
Le communiqué conjoint, qui fait écho aux priorités déjà validées par 38 délégations africaines à Nairobi, marque le début d’une mobilisation concrète. Tous les regards se tournent désormais vers Abuja, au Nigeria, où les chefs de défense des 54 nations africaines sont attendus en août 2026 pour évaluer les progrès accomplis.
« Ce n’est pas seulement un compte rendu des discussions, mais un engagement partagé à avancer ensemble et à obtenir des résultats », a insisté Langley, résumant l’esprit de cette démarche.