Kinshasa, 5 septembre 2025 – Le ministre de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, Dr Roger Kamba, a officiellement confirmé, ce jeudi, la résurgence de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la zone de santé de Boulapé, province du Kasaï.
Il s’agit de la seizième flambée enregistrée en République Démocratique du Congo. Selon le ministre, le virus de souche Zaïre a déjà causé 16 décès sur 28 cas suspects, dont quatre agents de santé, affichant un taux de létalité provisoire de 57 %.
Une chronologie alarmante
Les investigations de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) ont permis de retracer le point de départ de l’épidémie. Le 20 août 2025, une femme enceinte de 34 ans, hospitalisée à Boulapé, a présenté de graves symptômes : fièvre intense, vomissements, hémorragies. Le 3 septembre, cinq échantillons analysés ont confirmé la présence du virus.
Mesures d’urgence activées
Face à la crise, le Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP) a enclenché le Système de Gestion des Incidents. Des équipes d’intervention rapide ont été déployées, la surveillance épidémiologique renforcée, et des structures d’isolement et de triage mises en place. Les autorités ont également instauré des sépultures sécurisées afin de limiter les risques de contagion tout en respectant la dignité des familles endeuillées.
“Cacher un malade, c’est exposer ; le déclarer, c’est sauver”
Le Dr Kamba a insisté sur la transparence et la discipline collective.
« Ebola est une maladie grave, mais une prise en charge précoce, gratuite et globale augmente les chances de survie. Ebola ne se vainc pas par l’effort d’un seul, mais par la discipline de tous », a-t-il martelé.
Communication et prévention
Pour contrer les rumeurs, un vaste plan de communication est lancé : émissions radiophoniques en langues nationales, implication des leaders traditionnels et religieux, mobilisation des associations de femmes. La population est appelée à :
- Signaler tout cas suspect via le numéro vert 151 ;
- Éviter les contacts avec des malades ou des corps non pris en charge ;
- Ne pas manipuler d’animaux morts ;
- Maintenir une hygiène stricte ;
- Rejeter la stigmatisation.
Un appel aux médias et à la solidarité
Le ministre a conclu en invitant les médias à « jouer un rôle de relais de vérité » afin de diffuser des messages de prévention et combattre la désinformation. Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour briser la chaîne de transmission et sauver des vies.