Regedec

Kinshasa, 13 septembre 2025 — La capitale de la République démocratique du Congo est au bord de l’asphyxie environnementale. Chaque jour, près de 15.000 tonnes d’ordures, soit environ 1 kg par habitant, sont produites dans la mégapole congolaise, a révélé Jean-Claude Muissa, directeur général de la Regedec (Régie de Gestion des Déchets de Kinshasa), lors d’un déjeuner-débat organisé ce samedi.

Une gestion manuelle dépassée face à l’ampleur de la crise

« La gestion quasi manuelle des déchets, telle qu’elle se fait aujourd’hui, ne résoudra jamais les problèmes », a martelé le DG de la Regedec. Selon lui, le système actuel ne parvient plus à suivre la croissance démographique rapide de la ville, qui entraîne une augmentation constante de la production de déchets. Les moyens matériels et humains déployés restent largement insuffisants et inadaptés, accentuant l’insalubrité chronique qui gangrène Kinshasa.

Une fiscalité locale jugée inopérante

Jean-Claude Muissa a également mis en cause la faiblesse du dispositif fiscal en vigueur. La taxe provinciale sur les déchets, telle que fixée par le gouvernement provincial de Kinshasa, ne permet pas de mobiliser les fonds nécessaires pour moderniser le secteur. Ce manque de financement durable empêche toute amélioration significative des infrastructures et de la logistique liées à la collecte et au traitement des déchets.

L’urgence d’un changement de modèle

Pour le patron de la Regedec, un changement radical de modèle s’impose : mécanisation de la collecte, mise en place d’un réseau moderne de traitement et valorisation des déchets, et surtout adoption d’un système de financement stable et équitable. À défaut, a-t-il averti, « les rues, ruelles et marchés continueront d’être envahis par les immondices, aggravant les risques sanitaires et dégradant l’image de Kinshasa ».

Vers une politique publique d’assainissement

Ce déjeuner-débat s’inscrit dans une série d’échanges visant à élaborer des réponses structurelles pour transformer Kinshasa en une métropole propre et organisée, à l’image d’autres capitales africaines. Pour Jean-Claude Muissa, l’enjeu est clair : « Il faut passer de la survie à une véritable politique publique d’assainissement, appuyée sur la modernisation et une fiscalité mieux calibrée. »