Samuel Mbemba

Kinshasa a réaffirmé sa détermination à faire entendre sa voix dans le cadre de la campagne internationale visant à obtenir la reconnaissance du génocide congolais. Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a lancé un appel pressant à l’ensemble des Congolais pour qu’ils s’approprient ce combat mené sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.

Lors d’un point de presse tenu le vendredi 19 septembre 2025 dans la capitale, le ministre a mis en avant l’urgence de cette démarche, soulignant que les atrocités commises dans l’Est de la République démocratique du Congo constituent bel et bien des actes de génocide. « J’alerte le monde entier sur ces crimes qui interpellent la conscience universelle », a-t-il déclaré, exhortant la population à soutenir ce plaidoyer.

S’appuyant sur l’article 2 de la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, Samuel Mbemba a détaillé les éléments juridiques qui qualifient ces actes : meurtres massifs, atteintes graves à l’intégrité physique et mentale, conditions de vie imposées en vue de l’anéantissement d’un groupe, ou encore entraves aux naissances. Pour illustrer ses propos, il a cité des rapports du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme et des experts onusiens documentant massacres, épurations ethniques et violences sexuelles.

Le ministre a rappelé plusieurs massacres emblématiques : Tingi-Tingi, où entre 100 000 et 300 000 réfugiés hutus ont trouvé la mort, Makobola, avec 800 victimes, ou encore Kasika, où près de 1 000 civils, dont des femmes enceintes et un prêtre, ont été massacrés. Il a également évoqué des exactions plus récentes, notamment à Kishishe, Kibumba et Kanyabayonga, pointant du doigt le Rwanda et ses alliés, dont le RCD, le CNDP et le M23.

Face à ces crimes, qui auraient causé plus de dix millions de morts et des milliers de victimes directes, Samuel Mbemba a interpellé la communauté internationale pour qu’elle rompe le silence et fasse preuve de solidarité envers les populations congolaises meurtries. Il a insisté sur la nécessité de traduire en justice les responsables de ces atrocités et de mettre fin à l’impunité. Ce plaidoyer s’inscrit dans la continuité de la mission gouvernementale menée récemment à Genève lors de la 60e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.