Vital Kamerhe

Kinshasa, 22 septembre 2025 – Dans un climat politique marqué par des tensions internes au sein de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi a officiellement annoncé sa démission du poste de Président de cette institution. L’ancien président de la chambre basse a présenté une lettre adressée au premier vice-président, évoquant des « raisons de convenance personnelle » et se référant à l’article 30 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Lors de la plénière du même jour, Kamerhe a prononcé un discours solennel pour expliquer sa décision. Il a d’abord reconnu que son nom avait été placé au centre de critiques, parfois virulentes, mais aussi de marques de soutien sincères. Il a rappelé que le véritable enjeu ne devait pas être sa personne, mais les défis prioritaires auxquels la République démocratique du Congo est confrontée : l’unité et la cohésion nationale, la défense de la souveraineté, la lutte contre la guerre à l’Est, ainsi que la bataille contre le chômage et la pauvreté.

Revenant sur la pétition qui visait sa déchéance, il a mis en doute sa régularité en relevant la présence d’un signataire n’ayant pas la qualité de député national. Toutefois, il a insisté sur son attachement au principe de redevabilité et s’est soumis à la procédure mise en place en répondant aux préoccupations des pétitionnaires devant la commission spéciale.

Dans son allocution, Vital Kamerhe a réaffirmé son engagement en faveur de l’alternance pacifique opérée en 2019 autour du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, affirmant n’éprouver « ni colère ni ressentiment » mais préférant « cultiver les vertus du pardon ». S’inspirant d’un passage biblique, il a déclaré choisir le « camp de la République » plutôt que de risquer de diviser la majorité et fragiliser la cohésion nationale.

Il a ainsi annoncé sa démission immédiate, sans débat ni vote, tout en exprimant sa gratitude à ses collègues députés, au personnel administratif et aux assistants parlementaires. À l’adresse de la jeunesse parlementaire, il a lancé un appel à la discipline, au travail et à la conscience de leur rôle historique.

« Que Dieu bénisse la République démocratique du Congo, son peuple et ses institutions », a conclu Vital Kamerhe, avant de quitter officiellement la présidence de l’Assemblée nationale.