L’ancien ministre de la Fonction publique, Pascal Isumbisho, a été interpellé le 9 septembre dernier par les services de sécurité congolais. Depuis cette date, il est détenu dans un lieu inconnu, sans que sa famille ni ses avocats n’aient la possibilité de le voir librement. Cette situation soulève de nombreuses interrogations quant au respect des droits fondamentaux et de la procédure judiciaire.
Selon des informations rapportées par le journaliste Christophe Rigaud, Pascal Isumbisho serait poursuivi pour ses présumés contacts avec l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Ce dernier, condamné en mai dernier dans le dossier controversé du parc agro-industriel de Bukangalonzo, aurait réussi à quitter discrètement la République démocratique du Congo, échappant ainsi à la surveillance des autorités.
Les services d’intelligence (ANR) suspectent l’ex-ministre d’avoir eu connaissance des canaux ayant facilité la sortie du pays de Matata Ponyo. Sa convocation devant le Conseil national de cyberdéfense aurait marqué le début de sa détention. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’ampleur de son rôle éventuel dans cette évasion présumée.
Le directeur d’Africa Rabia a confirmé qu’une seule visite a été autorisée, dans des conditions inhabituelles. La femme de Pascal Isumbisho a pu le voir, mais uniquement de nuit, conduite les yeux bandés jusqu’au lieu de détention. Ces pratiques, rarement révélées au grand public, accentuent le flou entourant cette affaire et renforcent les inquiétudes sur la transparence des procédures.
Dans l’opinion publique, la détention de Pascal Isumbisho alimente le débat sur la protection des droits humains et l’indépendance de la justice congolaise. Tandis que certains estiment nécessaire de clarifier son rôle éventuel dans l’affaire Matata Ponyo, d’autres dénoncent un abus de pouvoir et exigent que lumière soit faite sur son arrestation et ses conditions de détention.