Un atelier tenu vendredi 26 septembre 2025 à Kinshasa a jeté une lumière crue sur une réalité alarmante. Organisé par l’organisation américaine AIPAS en collaboration avec l’Université d’Abidjan et l’Université de Kinshasa via son École de santé publique, cet événement a révélé qu’au moins 67 % des élèves congolais interrogés se déclarent victimes de violences sexuelles en milieu scolaire.
Le rapport présenté met en évidence une situation inquiétante qui dépasse la seule question des violences sexuelles. Selon les données recueillies, 76 % des élèves subissent encore des châtiments corporels, et 84 % déclarent être confrontés à des actes d’intimidation et de discrimination systémique. Ces pratiques, loin d’être marginales, traduisent un climat scolaire marqué par des abus de pouvoir, une absence de protection et un déficit criant de mécanismes de prévention.
Les groupes les plus vulnérables apparaissent clairement ciblés. Les jeunes filles enceintes, les enfants en situation de handicap ainsi que les élèves non conformes au genre sont identifiés comme particulièrement exposés aux humiliations et aux violences. Ces discriminations accentuent leur marginalisation et compromettent gravement leur réussite scolaire et leur équilibre psychologique.
Pour Nadia Lobo, chargée de recherche chez AIPAS RDC, les résultats de cette enquête imposent une réaction rapide et coordonnée. Elle a rappelé que l’école, censée être un lieu d’apprentissage et de protection, devient pour beaucoup d’enfants un espace d’insécurité. « Face à de tels chiffres, nous ne pouvons plus rester indifférents. Il est urgent que l’État, les parents et la société civile mettent en place des mesures fermes afin de protéger les élèves », a-t-elle insisté, soulignant que la banalisation des violences sexuelles met en péril l’avenir des générations futures.
Les organisateurs de l’atelier plaident pour la mise en place de mécanismes de signalement accessibles, de programmes d’éducation à la tolérance et de campagnes nationales de sensibilisation contre les abus. Ils invitent également les autorités publiques à renforcer les cadres juridiques et à sanctionner sévèrement les auteurs de violences dans les établissements scolaires.
À travers cette étude, AIPAS et ses partenaires veulent susciter un débat national et international sur la sécurité des élèves en République démocratique du Congo. Ils appellent à transformer l’indignation en action concrète afin que l’école redevienne un espace de dignité, de confiance et d’avenir pour tous les enfants congolais.