Jean-Claude Katende

Kinshasa, 9 octobre 2025 — La main tendue du président Félix Tshisekedi à son homologue rwandais Paul Kagame, dans le but de restaurer la paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, continue de provoquer de vifs débats. Pour Jean-Claude Katende, coordinateur national de l’Association Africaine des Droits de l’Homme (ASADHO), cette démarche constitue une « grave erreur » politique et stratégique.

Selon Jean-Claude Katende, le président congolais ferait preuve d’un excès de naïveté diplomatique en ignorant les véritables intentions du Rwanda dans l’agression que subit la RDC. « Le Rwanda n’a pas besoin de paix, mais des ressources du Congo. Kagame ne partira pas par la main tendue », a-t-il déclaré, estimant que cette approche affaiblit la position de Kinshasa face à un voisin accusé de soutenir les rebelles du M23.

Cette déclaration intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant à l’Est, où les combats persistent malgré les discussions engagées à Washington et à Doha. Ces pourparlers, censés favoriser une désescalade, n’ont jusqu’à présent produit aucun résultat tangible sur le terrain.

Pour Jean-Claude Katende, l’heure n’est pas aux gestes symboliques, mais à la fermeté et à la défense de la souveraineté nationale. Plusieurs voix de la société civile et du monde politique partagent cette position, appelant le chef de l’État à la prudence et à conditionner tout dialogue avec Kigali à la cessation effective du soutien du Rwanda aux groupes armés.

Ainsi, la main tendue de Félix Tshisekedi, perçue par certains comme un signe d’ouverture, apparaît pour d’autres, à l’instar de Jean-Claude Katende, comme une faiblesse diplomatique susceptible de compromettre les efforts de paix et de justice que réclame le peuple congolais.