Assemblée nationale

Kinshasa, le 17 octobre 2025 — Dans une décision historique, l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo a adopté ce vendredi la résolution dite « GENOCOST », reconnaissant officiellement le crime de génocide commis dans l’Est du pays. Un acte symbolique fort, porteur d’un message politique et moral majeur pour les victimes des violences qui ensanglantent la région depuis près de trois décennies.

Cette reconnaissance, longtemps attendue, marque une rupture avec des années de silence et d’inaction institutionnelle. Pour la première fois, le Parlement congolais nomme clairement les atrocités perpétrées contre les populations civiles de l’Est comme un « génocide », une qualification lourde de sens en droit international. Ce geste vise à rendre justice aux millions de victimes et à inscrire la mémoire nationale dans un processus de vérité et de reconnaissance.

Au-delà du symbole, la résolution GENOCOST fixe une feuille de route concrète au gouvernement. Elle prévoit la création d’un Mémorial national dédié aux victimes, l’institution d’une journée de commémoration du génocide congolais, ainsi qu’une vaste campagne nationale de sensibilisation. Ces mesures visent à entretenir la mémoire collective tout en renforçant la conscience citoyenne face à l’ampleur du drame vécu dans l’Est du pays.

Transmise à la Cour pénale internationale (CPI) et au Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies, cette résolution confère une dimension internationale à la démarche congolaise. En qualifiant officiellement les crimes, Kinshasa interpelle la communauté internationale sur sa responsabilité partagée dans la prévention, la justice et la réparation. Cette reconnaissance pourrait ainsi devenir un levier diplomatique pour exiger la fin de l’impunité et le jugement des responsables identifiés.

Mais la réussite du processus dépendra désormais de la mise en œuvre effective des recommandations parlementaires. Le Mémorial GENOCOST devra éviter l’instrumentalisation politique et s’imposer comme un lieu de mémoire et de réflexion nationale. La journée de commémoration, quant à elle, sera appelée à devenir un moment fort de recueillement et de mobilisation collective.

Pour nombre d’observateurs, cette adoption constitue à la fois un acte de courage politique et un test de sincérité pour l’État congolais. Entre devoir de mémoire et quête de justice, la reconnaissance du génocide dans l’Est ouvre une nouvelle ère de responsabilité. Reste à savoir si elle inaugurera enfin un véritable processus de réconciliation nationale ou si elle s’ajoutera à la longue liste des promesses non tenues.