Paulin Lendongolia

Kisangani, le 27 octobre 2025 — La scène politique de la Tshopo vient de connaître un tournant décisif. Le Gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga a été destitué de ses fonctions ce lundi par un vote unanime de l’Assemblée provinciale, marquant une véritable déchéance politique.

Réunis en plénière à Kisangani, les dix-huit députés provinciaux présents ont adopté, à l’unanimité (18 voix sur 18), la motion de défiance déposée contre le chef de l’exécutif provincial. Ce vote sans équivoque met fin au mandat de Paulin Lendongolia, confirmant la rupture totale de confiance entre lui et l’organe délibérant.

Cette décision intervient dans un contexte tendu, alors que le Gouverneur, en mission à Kinshasa, avait sollicité le report de la séance. Dans une correspondance adressée à l’Assemblée, il affirmait n’avoir pas été officiellement informé du calendrier de la plénière et estimait que son absence, non volontaire, constituait une entrave à son droit de défense. Paulin Lendongolia conditionnait ainsi sa participation à son retour à Kisangani prévu le 28 octobre.

Mais l’Assemblée provinciale a ignoré cette requête, poursuivant le processus de destitution en son absence. Pour les députés, les arguments du Gouverneur relevaient d’une stratégie dilatoire destinée à retarder l’inévitable. « La loi nous donne compétence d’agir lorsque les faits reprochés sont établis et que la majorité des élus en conviennent », a expliqué un élu joint après le vote.

Ce revers politique s’inscrit dans un climat institutionnel déjà crispé. Pour rappel, un télégramme du ministère de l’Intérieur, signé le 18 octobre 2025 par le vice-ministre des Affaires coutumières, Ndeze Katurebe Jean Baptiste, convoquait à Kinshasa le Gouverneur de la Tshopo, le bureau de l’Assemblée provinciale et huit députés initiateurs de la motion pour consultation. Malgré cette démarche centrale, le processus local s’est poursuivi, traduisant la détermination des élus provinciaux à tourner la page Lendongolia.

Les heures à venir s’annoncent cruciales pour l’avenir institutionnel de la Tshopo. Kinshasa pourrait tenter de calmer les tensions ou de redéfinir les équilibres politiques dans une province désormais plongée dans une incertitude politique totale.