Walikale, 31 octobre 2025 — Dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris à Washington entre Kinshasa et Kigali pour restaurer la paix dans l’Est du pays, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont lancé, ce vendredi à Walikale, une vaste campagne de sensibilisation appelant les combattants des FDLR à déposer les armes et se rendre volontairement.
Cette initiative, portée par le gouvernement congolais à travers les FARDC, vise à encourager la reddition des combattants étrangers encore actifs sur le sol congolais. Des radios locales diffusent désormais des messages en langues locales, tandis que des dépliants d’information sont distribués dans les zones affectées pour toucher directement les miliciens.
S’exprimant au nom de la 34ᵉ région militaire, le major Dieudonné Kasereka a rappelé que le processus marque un tournant dans la quête de stabilité. Il a lancé un appel clair aux groupes armés concernés, estimant que le moment est venu de tourner définitivement la page de la violence. Selon lui, les FDLR sont invités à se rendre à la MONUSCO pour leur rapatriement volontaire au Rwanda, les autorités congolaises garantissant leur accompagnement dans ce processus.
Dépêchée sur place pour superviser l’opération, une délégation du haut commandement militaire dirigée par le lieutenant-colonel Tassy a renforcé cette dynamique, en appelant les leaders communautaires à s’engager dans l’effort commun. Le soutien des confessions religieuses et des autorités coutumières est jugé essentiel pour convaincre les combattants hésitants. Le responsable militaire a insisté sur la responsabilité collective de rompre toute complicité avec les groupes armés.
Les FARDC indiquent que les combattants qui accepteront de se rendre bénéficieront d’un appui logistique de la MONUSCO, avec la possibilité de retourner au Rwanda ou de solliciter un pays tiers. Toutefois, une fois la phase de sensibilisation terminée, l’armée affirme qu’elle procédera par la force contre ceux qui persisteront dans la violence.
À Walikale, les FDLR sont principalement retranchés à Makungurano, Banarukisa et Banakindi, positions qu’ils occupent depuis 2012 après avoir été repoussés par le mouvement d’autodéfense Raiya Mutomboki. La campagne en cours marque ainsi une nouvelle étape dans le démantèlement de ces poches de résistance armée et dans la restauration de l’autorité de l’État.
En tendant la main tout en réaffirmant sa détermination, Kinshasa cherche à conjuguer persuasion et fermeté dans l’espoir de mettre fin à une menace qui perdure depuis plus d’une décennie dans cette région stratégique de l’Est du pays.