Kinshasa, le 09 décembre 2025 — La scène politique congolaise a été secouée ce samedi 6 décembre par un incident violent survenu au quartier Camp Luka, dans la commune de Ngaliema, où l’opposant Jean-Marc Kabund s’apprêtait à animer une matinée politique. Cette activité s’inscrivait dans le cadre de la mobilisation pour la marche de la coalition de la gauche congolaise, prévue le 15 décembre prochain.
Alors qu’il s’adressait à ses militants, un groupe de Kulunas armés d’armes blanches a brusquement attaqué la délégation de l’Alliance pour le Changement (ACh). Jean-Marc Kabund a été blessé à la tête, tout comme plusieurs de ses proches et membres de sa garde rapprochée. Sur son compte X, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a dénoncé un acte qui, selon lui, « prouve que la tyrannie a atteint son paroxysme au pays ».
Dans sa réaction, Kabund s’est indigné de voir « des policiers associés à des bandits » pour empêcher ce qu’il qualifie de « manifestation pacifique de l’opposition ». Pour lui, cette agression symbolise la dérive autoritaire du régime en place et une volonté manifeste d’étouffer les voix dissidentes.
Fraîchement libéré après trois années de détention qu’il juge « purement politique », l’opposant effectuait sa première grande sortie publique. Un retour marqué par une charge politique frontale contre le président Félix Antoine Tshisekedi, qu’il accuse désormais de faire « pire que Joseph Kabila ». Kabund estime que l’actuel chef de l’État serait en train d’installer un système de menaces, d’intimidations et de corruption pour neutraliser l’opposition.
Il n’a pas manqué d’évoquer la dispersion de son parti, dont plusieurs cadres ont été emprisonnés ou poussés à l’exil — citant notamment Maître Mangana Mavanga Serge et Karel Koli — tandis que d’autres ont rejoint le pouvoir, à l’instar de Guyslain Muandji.
Dans un climat politique déjà tendu, cet épisode ajoute un nouveau degré de crispation. Jean-Marc Kabund appelle désormais à un dialogue national inclusif et maintient la marche annoncée pour le 15 décembre. Une démonstration de force qui pourrait constituer un tournant dans les relations entre l’opposition et le pouvoir, au moment où chaque tension semble en annoncer une autre.