Emmanuel Ramazani Shadary

Kinshasa, 16 décembre 2025 — Une nouvelle zone de tension s’ajoute au climat politique déjà fragile en République démocratique du Congo. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) affirme que son secrétaire permanent, le professeur Emmanuel Ramazani Shadary, aurait été enlevé à son domicile dans la nuit de lundi à mardi par des hommes en uniforme, avant d’être conduit vers une destination inconnue.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi, Aristote Ngarime, secrétaire national du PPRD en charge de la communication et des médias, précise que les faits se seraient produits aux alentours de 4 heures du matin. Selon le parti cher à l’ancien président Joseph Kabila, aucune notification officielle n’aurait été remise ni à la famille de l’intéressé, ni à ses avocats, alimentant les inquiétudes autour de cette disparition présumée.

Le PPRD dénonce ce qu’il qualifie de « pratique dictatoriale » et exige la libération immédiate de son secrétaire permanent. Le parti appelle également les autorités compétentes à apporter des éclaircissements urgents sur cette situation, qu’il juge grave pour l’État de droit et le respect des libertés politiques.

Cette affaire intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible. Pour rappel, Emmanuel Ramazani Shadary figurait parmi plusieurs cadres du PPRD entendus en mars 2025 par l’auditeur supérieur militaire. Selon un communiqué judiciaire publié à l’époque, ces responsables étaient soupçonnés de complicité avec le mouvement rebelle AFC/M23. À l’issue de ces auditions, ils avaient été interdits de quitter le territoire national.

Quelques mois plus tard, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2018 était réapparu sur la scène publique, notamment pour dénoncer la condamnation à mort prononcée par la justice congolaise à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila, une prise de position qui avait déjà ravivé les tensions politiques.

À ce stade, aucune source officielle n’a confirmé l’arrestation ou la détention d’Emmanuel Ramazani Shadary. Le silence des autorités compétentes entretient les spéculations et soulève de nombreuses interrogations sur les circonstances exactes de cette disparition présumée, dans un contexte où l’opinion publique reste particulièrement attentive au respect des procédures légales et des droits fondamentaux.