Emmanuel Ramazani Shadary

Kinshasa, 17 décembre 2025 — L’opposant Martin Fayulu est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « traitement inhumain et humiliant » réservé à Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Dans une déclaration rendue publique mardi, le leader de l’ECiDé accuse les autorités congolaises de violations graves de la Constitution.

Selon Martin Fayulu, les faits reprochés aux services de l’État constituent une atteinte directe aux articles 16, 17 et 18 de la Loi fondamentale, qui garantissent notamment la dignité humaine, les libertés individuelles ainsi que les droits de la défense. Il a rappelé que « nul n’est au-dessus de la loi », insistant sur le fait que la République démocratique du Congo « mérite l’État de droit, pas l’arbitraire ».

Cette prise de position intervient au lendemain d’une annonce du PPRD faisant état de l’interpellation présumée de son secrétaire permanent. Le parti affirme qu’Emmanuel Ramazani Shadary aurait été appréhendé dans la nuit du 16 décembre, vers 4 heures du matin, à son domicile de Kinshasa, par des hommes en uniforme.

À ce stade, aucune autorité officielle n’a confirmé cette arrestation ni communiqué sur le lieu de détention de l’ancien ministre de l’Intérieur. Une absence de clarification que le PPRD dénonce avec vigueur, parlant d’une opération illégale et de pratiques qu’il assimile à des méthodes dictatoriales. Le parti exige la libération immédiate de son cadre et réclame des explications des autorités compétentes.

Ancien candidat à l’élection présidentielle de 2018 et dauphin désigné de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary avait déjà été entendu par la justice militaire en mars 2025, dans le cadre de soupçons de liens avec le mouvement rebelle AFC/M23. Depuis cette audition, il s’était fait discret sur la scène politique, hormis une récente prise de position critiquant la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila.

Depuis la nuit de son interpellation présumée, ni sa famille ni son parti n’affirment connaître sa localisation. Les démarches entreprises auprès des services de sécurité et des autorités judiciaires seraient restées sans réponse, selon le PPRD. Ce silence officiel alimente les inquiétudes et ravive le débat sur le respect des droits fondamentaux et des garanties constitutionnelles en République démocratique du Congo.