Kinshasa, janvier 2026 — Face aux polémiques alimentées sur certains plateaux de télévision et relayées sur les réseaux sociaux, une source proche du Guillaume Ngefa, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, apporte des éclaircissements sur l’injonction récemment adressée au Parquet au sujet de soupçons de corruption au Ministère des Finances.
Selon cette source, la démarche du ministre ne repose ni sur des rumeurs ni sur des « fake news », mais sur des faits réels, récents et documentés. Elle s’inscrit, précise-t-on, dans la mission régalienne du Ministère de la Justice de lutter contre la corruption, les antivaleurs et les pratiques de fraude qui minent l’administration publique.
Contrairement aux allégations évoquant des faits anciens, la source souligne que l’injonction du ministre Guillaume Ngefa concerne des éléments nouveaux et distincts de ceux mentionnés dans l’espace public. Il s’agirait, à ce jour, de la seule injonction formellement donnée par le ministre au Parquet dans ce dossier précis.
L’entourage du ministre réfute par ailleurs toute hypothèse de conflit entre les ministères de la Justice et des Finances. Les deux responsables entretiendraient des relations institutionnelles normales, et l’initiative judiciaire ne viserait ni une personne en particulier ni une institution, mais des pratiques contraires à la loi.
Sur le plan juridique, rappelle la source, le classement antérieur d’un dossier par le Parquet demeure une décision administrative susceptible d’être légalement réexaminée lorsqu’apparaissent des éléments nouveaux. Elle évoque également l’existence de pratiques de « pourcentage » devenues courantes au sein du ministère des Finances et dans d’autres administrations, une réalité connue de nombreux usagers confrontés aux procédures de paiement.
Pour l’entourage de Guillaume Ngefa, les critiques actuelles traduisent surtout le malaise suscité par la détermination du ministre à combattre la corruption, les antivaleurs, la fraude minière et certains réseaux mafieux, notamment ceux associés au phénomène des folioman.
Cette fermeté s’est notamment illustrée dans le dossier de la pension alimentaire des prisonniers. À son arrivée, une anomalie de 30 % non justifiée a été constatée, conduisant, après concertation avec le ministère des Finances, à la décision de ne décaisser que 70 % des montants prévus, contre 100 % auparavant. Une mesure qui a relancé le débat sur l’utilisation réelle des fonds non employés.
Enfin, la source précise que le ministre de la Justice avait préalablement échangé avec son collègue des Finances avant de saisir le Parquet, afin d’écarter toute interprétation d’un acte unilatéral. Depuis son entrée en fonction, la gestion des fonds destinés à la restauration des prisonniers relève désormais directement de l’administration de la Justice, et non plus d’une conseillère ministérielle, renforçant ainsi la traçabilité, la transparence et la redevabilité dans la gestion des deniers publics.