Tshopo

Kisangani, 26 avril 2026 — La province de la Tshopo a franchi une étape historique dans son développement minier en signant officiellement son tout premier certificat d’origine à l’exportation de cuivre, destiné à Hong Kong. Cet acte inédit marque un tournant majeur pour cette province ainsi que pour le Maniema, longtemps restés en marge des grands circuits d’exportation minière en République démocratique du Congo.

La signature a été apposée conjointement par Annie Sheka Wembo, cheffe de division provinciale des Mines représentant le ministre national des Mines, et Mulaja Kabamba Francis, Directeur provincial intérimaire du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (CEEC), représentant le Directeur général de cette institution stratégique.

Cette cérémonie est intervenue avant une visite du dépôt de TMK, où est entreposée la cargaison de cuivre destinée à l’exportation vers Hong Kong, symbole concret de l’ouverture d’un nouveau corridor économique pour l’Est du pays.

Au cœur de cette avancée historique, le CEEC a joué un rôle central en garantissant la conformité, la certification et la traçabilité des minerais. Pendant près d’un mois, une équipe technique venue de Kinshasa et du Katanga a été mobilisée sur le terrain afin d’assurer le bon déroulement de cette première opération.

Dans sa déclaration à la presse, Mulaja Kabamba Francis a salué l’engagement exceptionnel de la direction générale du CEEC.

« Cette opération, lancée il y a plus de trois ans, connaît aujourd’hui une issue heureuse grâce à la mobilisation totale de la direction générale du CEEC. Du président du conseil d’administration au directeur général, en passant par le directeur général adjoint et toute l’équipe technique, tous ont consenti d’énormes sacrifices », a-t-il affirmé.

Il a également insisté sur le rôle du CEEC en tant qu’autorité de certification.

« Nous sommes l’autorité de certification. Nous confirmons que les minerais ont été contrôlés et que toutes les procédures ont été respectées. De Lubutu, avec la coopérative COMACO, jusqu’à Kisangani, la traçabilité a été assurée dans les normes », a-t-il précisé.

Jusqu’à présent, les certificats d’origine pour le cuivre n’étaient délivrés que dans les provinces du Grand Katanga, notamment le Haut-Katanga et le Lualaba. Avec cette signature, la Tshopo devient la première province hors Katanga à obtenir cette reconnaissance, brisant ainsi un monopole historique.

Pour le Directeur provincial a.i du CEEC, l’événement dépasse le simple cadre administratif.

« Depuis que notre pays est reconnu comme un scandale géologique, un tel certificat n’avait jamais été délivré en dehors du Katanga. La Tshopo devient aujourd’hui la première province à ouvrir une nouvelle voie d’exportation du cuivre », a-t-il souligné.

Cette première exportation ouvre désormais de nouvelles perspectives économiques pour la province. Les autorités espèrent que cette dynamique permettra à la Tshopo de devenir un véritable pôle de croissance, à l’image du Katanga.

« La Tshopo va rayonner comme le Katanga. Si aujourd’hui le Katanga est le poumon économique du pays, c’est grâce au cuivre et au cobalt. Désormais, la Tshopo et le Maniema entrent dans cette liste restreinte et prestigieuse », a déclaré Mulaja Kabamba Francis.

Projetant les effets de cette nouvelle filière sur le développement local, il s’est montré particulièrement optimiste.

« D’ici deux ou trois ans, vous verrez comment Kisangani va se transformer : une ville prospère, développée, dynamique. Cette filière va générer des opportunités, renforcer l’économie de la province et améliorer les conditions de vie », a-t-il ajouté.

Cette réussite a également bénéficié de l’implication active des autorités provinciales, notamment du ministère provincial des Mines, qui a facilité la levée de plusieurs obstacles opérationnels.

Avec cette première exportation de cuivre vers Hong Kong, la Tshopo entre officiellement dans le cercle des provinces minières exportatrices. Plus qu’un symbole, cette avancée annonce une redéfinition profonde de son avenir économique, portée par l’expertise du CEEC et une volonté politique affirmée.