RIF

Kinshasa, le 28 octobre 2026 — La troisième édition du RDC Transport Infrastructure & Logistics Investment Forum (RIF 2026) s’est clôturée mercredi à Kinshasa par une soirée de gala dénommée « RIF Awards 2026 ». Pendant trois jours, décideurs publics, investisseurs, dirigeants d’entreprises et experts ont échangé sur les défis liés aux infrastructures de transport, à la logistique et à l’intégration régionale en Afrique centrale.

Organisé par le Think Tank RDC Stratégie, le forum s’est tenu autour du thème : « Corridors stratégiques, souveraineté logistique et intégration régionale : bâtir la puissance infrastructurelle de l’Afrique centrale ».

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer la compétitivité de la République démocratique du Congo, notamment par une planification cohérente des infrastructures, le renforcement de la gouvernance des corridors, la réduction des coûts logistiques et la dématérialisation des procédures.

Dans son intervention de clôture, le président du Think Tank RDC Stratégie, Bodom Matungulu, a insisté sur la nécessité pour la RDC de se doter d’une vision durable et intégrée de son réseau de transport.

« La RDC doit se doter d’une vision cohérente et continue à long terme en matière de développement de son réseau de transport », a-t-il déclaré, soulignant que les projets proposés par les administrations, les collectivités, les partenaires au développement ou le secteur privé devraient être priorisés en fonction de leur contribution à un système national de transport intégré.

Bodom Matungulu a également relevé les contraintes qui pèsent sur le secteur, notamment les coûts élevés de transport, la fragmentation des procédures administratives, la multiplicité des taxes et prélèvements, ainsi que le manque de coordination entre les différents intervenants.

Il a évoqué le cas du transport d’un conteneur entre Matadi et Kinshasa, dont le coût peut atteindre près de 20 000 dollars américains pour une marchandise évaluée à environ 32 000 dollars.

Face à cette situation, le président du Think Tank RDC Stratégie a plaidé pour la poursuite des réformes institutionnelles, l’élimination des chevauchements de compétences et le renforcement de la gouvernance des corridors de transit et de transport.

« Il faut aller plus loin dans la dématérialisation, notamment grâce à la mise en place d’une interface intégrée permettant de mieux coordonner les procédures et de faciliter les échanges », a-t-il souligné.

De son côté, le Vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a appelé à transformer les recommandations du forum en actions concrètes.

Pour lui, le développement des infrastructures ne doit pas se limiter à la construction des routes, ports, voies ferrées ou aéroports. Il doit également intégrer la connectivité entre les territoires, la complémentarité des modes de transport, la facilitation des échanges commerciaux et le développement des compétences locales.

« Notre pays dispose d’un potentiel exceptionnel, de vastes bassins de production, de ressources naturelles considérables et d’une position géographique qui lui confère une vocation naturelle de carrefour des échanges au cœur du continent », a affirmé Jean-Pierre Bemba Gombo.

Le Vice-Premier ministre a toutefois estimé que ce potentiel ne pourra être pleinement valorisé que si la RDC parvient à connecter davantage ses territoires, à rapprocher les zones de production des marchés et à réduire les délais ainsi que les coûts logistiques.

Présentant le compte rendu des trois journées de travaux, l’ingénieur en transport et économiste nigérien Maïdadi Sahabana a insisté sur l’importance d’une approche intégrée des corridors.

Selon lui, les bassins agricoles, les zones industrielles, les centres miniers et les pôles de consommation doivent être mieux reliés entre eux, mais aussi aux marchés régionaux et internationaux.

À travers cette troisième édition du RIF, les participants ont mis l’accent sur la nécessité d’élaborer une vision nationale à long terme pour les transports, d’améliorer la gouvernance institutionnelle, de moderniser les procédures et de renforcer la coordination entre les secteurs concernés.

Ces priorités devraient contribuer au désenclavement du territoire national, à la baisse des coûts logistiques, au renforcement de la compétitivité économique de la RDC et à une meilleure intégration dans les échanges régionaux.