Washington

Washington, le 2 novembre 2026 — Le président américain Donald Trump a notifié au Congrès ainsi qu’aux gouvernements rwandais et sud-africain son intention de mettre fin à leur participation au programme African Growth and Opportunity Act (AGOA) à partir du 1er janvier 2027.

L’annonce a été faite lundi par le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à l’issue de l’examen annuel de l’éligibilité des pays d’Afrique subsaharienne au programme de préférences commerciales américaines.

Selon l’Office of the U.S. Trade Representative (USTR), le Rwanda et l’Afrique du Sud se livreraient à des pratiques incompatibles avec les critères d’éligibilité à l’AGOA. Pour Kigali, Washington évoque notamment des barrières au commerce et aux investissements, des préoccupations liées à l’État de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et aux droits humains.

L’administration américaine fait également état de pratiques susceptibles de menacer ses intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère dans la région. L’USTR n’établit toutefois pas de lien explicite entre l’exclusion envisagée du Rwanda et le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cette décision intervient néanmoins quelques jours après les sanctions imposées, le 28 octobre, par le département américain du Trésor contre le ministère rwandais de la Défense et l’institution financière Zigama Credit and Savings Society. Washington les accuse de soutenir le mouvement rebelle M23 et ses activités dans l’est de la RDC.

Selon le Trésor américain, le ministère rwandais de la Défense aurait appuyé le déploiement de milliers de soldats des Forces de défense rwandaises dans l’est congolais et fourni au M23 des équipements, une assistance logistique et des formations. Les autorités américaines accusent également Zigama d’avoir facilité des transactions financières au bénéfice du mouvement rebelle.

Ces sanctions s’ajoutent à celles prises en mars 2026 contre les Forces de défense rwandaises et plusieurs hauts responsables militaires rwandais. Washington affirme que les activités du M23 dans les zones sous son contrôle sont associées à des violations des droits humains, au travail forcé et à l’exploitation illégale des ressources minières.

Jamieson Greer a toutefois laissé entendre que Kigali et Pretoria pourraient encore préserver leur éligibilité. « L’administration Trump travaille à faire en sorte que nos partenaires africains prennent les mesures nécessaires pour satisfaire aux critères d’éligibilité », a-t-il déclaré.