Kinshasa, 19 septembre 2025 — Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a plaidé avec vigueur pour l’accélération de la transformation numérique en République démocratique du Congo, lors du sommet numérique africain tenu jeudi à Kinshasa. Son intervention était axée sur « le rôle de l’argent mobile dans l’avancement de la numérisation de l’économie de la RDC », en mettant en avant la nécessité de faciliter une participation inclusive au sein de l’économie numérique.
Dressant un état des lieux sans complaisance, il a relevé que l’économie informelle représente aujourd’hui 41,7 % du tissu économique national, que seulement 20 % de la population a accès à l’électricité et que le réseau routier asphalté ne couvre que 10 % du territoire. Selon lui, vouloir résoudre ces défis par des méthodes classiques prendrait plus d’un demi-siècle. En revanche, la révolution numérique offre, d’après lui, l’opportunité de combler rapidement ce retard structurel.
Pour André Wameso, la clé réside dans l’appui sur les piliers de la transformation digitale, à savoir l’harmonisation des politiques publiques, l’attraction des investissements, le développement des compétences et l’inclusion financière numérique. Il a notamment encouragé l’usage des paiements numériques, qui permettent de faciliter les échanges commerciaux et d’accélérer les transactions, tout en favorisant la transparence.
Le gouverneur de la BCC a également insisté sur la nécessité de moderniser les systèmes de paiements, de réformer le secteur bancaire, de numériser les services financiers et de promouvoir la monnaie locale afin d’ancrer durablement la digitalisation dans l’économie nationale.
Convaincu du potentiel immense de la RDC pour devenir un moteur de l’économie numérique en Afrique, André Wameso a indiqué que les autorités congolaises négocient actuellement des partenariats stratégiques avec plusieurs pays économiquement puissants, dans le but d’accélérer l’émergence du pays.
Enfin, il a appelé à introduire l’enseignement des technologies numériques et de l’intelligence artificielle dans les programmes scolaires afin de former dès maintenant les talents de demain. Selon lui, la RDC pourrait offrir, d’ici trente ans, l’image d’un pays pleinement émergent, à condition de soutenir toutes les initiatives favorisant l’inclusion financière et la digitalisation des services.