Kinshasa, 22 septembre 2025 – La décision du Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete d’ordonner l’immobilisation de l’avion EMBRAER ERJ-145 de la compagnie Mwant-Jet, actuellement stationné à Bunia, suscite de vives interrogations dans le secteur aéronautique congolais. Dans une réquisition datée du 3 septembre, le ministère public a instruit l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC) d’exécuter cette mesure.
Selon l’analyste juridique Alimasi Kambale, les responsables de Mwant-Jet n’auraient pas été officiellement informés, alors même que la compagnie a relancé ses vols commerciaux depuis le 16 août dernier. À ses yeux, cette initiative paraît injustifiée et dépourvue de fondement solide.
À l’origine de la réquisition se trouve une dénonciation de Gueda Yav, associée de Mwant-Jet Sarl. Elle accuse la compagnie d’avoir remis en service l’aéronef alors qu’il aurait été placé sous saisie judiciaire. Elle estime également que la démission de l’administrateur provisoire aurait dû suspendre l’exploitation de la société. Cependant, d’autres associés, notamment Michaël Yav, rappellent qu’un plan de relance avait été validé avec l’AAC, ce qui avait permis la reprise des activités de la compagnie.
Les avocats de Mwant-Jet dénoncent pour leur part une décision sans base légale. Ils soulignent qu’un dossier similaire avait déjà été classé sans suite par le même parquet, faute de preuves suffisantes. « Aucun élément ne peut justifier une telle mesure contre une compagnie en pleine relance », ont-ils insisté.
Des zones d’ombre entourent la motivation de cette réquisition. Certains y voient un excès de zèle, d’autres soupçonnent des interférences visant à fragiliser Mwant-Jet. Par ailleurs, un autre dossier en instruction, opposant Gueda Yav au Guichet Unique de Création d’Entreprises, est cité par certains observateurs, mais sans lien direct avec l’aéronef visé par l’immobilisation.
Pour l’analyste Alimasi Kambale, cette décision interroge l’impartialité de la justice et pourrait compromettre les efforts de redressement d’une compagnie encore vulnérable après plusieurs années de turbulences.