Félix Antoine Tshisekedi


Bruxelles, 9 octobre 2025 — Depuis la tribune du Global Gateway Forum, le président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a surpris par un discours d’ouverture et d’apaisement envers son homologue rwandais, Paul Kagame. Dans un ton conciliant, il a appelé à la coopération entre Kinshasa et Kigali pour mettre fin à la crise qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo.

« Je vous propose de travailler ensemble, de rapprocher nos peuples, nos communautés pour le développement et le bien-être de celles-ci », a lancé Félix Antoine Tshisekedi, s’adressant directement à Paul Kagame, assis en face de lui. Le chef de l’État congolais a souligné que lui et son homologue étaient les deux seuls capables d’arrêter l’escalade de la guerre, tout en appelant à la “paix des braves”.

Dans un geste symbolique, il a suspendu la lecture d’un passage de son discours initialement prévu pour plaider des sanctions contre le Rwanda. « Je préfère le suspendre pour le moment, en attendant la réponse du président Kagame », a-t-il déclaré, sous le regard de Joâo Lourenço, Cyril Ramaphosa et du conseiller spécial américain pour l’Afrique, Massad Boulos, témoins de cette initiative.

Mais cette main tendue a été immédiatement rejetée par Kigali. Le ministre rwandais des Affaires étrangères a répliqué sèchement, affirmant que « le seul à pouvoir arrêter cette escalade est le président Félix Antoine Tshisekedi, et lui seul », rejetant la responsabilité de la crise sur Kinshasa. Il a accusé la RDC de soutenir les milices FDLR et Wazalendo, de recourir à des mercenaires étrangers et à des troupes burundaises, et de bombarder des zones habitées par des Banyamulenge dans l’Est du pays.

Cette réaction ferme du Rwanda balaie les espoirs d’un rapprochement et souligne la profondeur de la méfiance entre les deux voisins. Alors que Kinshasa multiplie les appels au dialogue, Kigali maintient une posture accusatrice, éloignant davantage la perspective d’une désescalade durable dans la région des Grands Lacs.