fibre optique

Kinshasa, le 24 octobre 2025 — La République démocratique du Congo et la Tanzanie viennent de franchir une étape historique dans l’intégration numérique régionale. Le 20 octobre, à Kalemie, le directeur général de la Société congolaise de fibre optique (SOCOF), Prosper Ghislain Mpeye, et son homologue tanzanien de la TTCL, Moremi Marwa, ont officialisé le lancement d’un ambitieux projet d’interconnexion en fibre optique reliant Kalemie (RDC) à Kigoma (Tanzanie), via le lac Tanganyika.

Long de 160 à 186 kilomètres, ce câble sous-lacustre offrira dès sa première phase une capacité de 100 gigabits par seconde, extensible à plusieurs térabits. Cette infrastructure stratégique permettra d’améliorer considérablement la connectivité dans l’Est de la RDC, une région encore marquée par des difficultés d’accès à internet. À terme, la bande passante pourrait voir son coût réduit de 50 %, une évolution majeure pour les ménages, les entreprises et les services publics congolais.

Les retombées économiques du projet sont déjà estimées entre un et deux milliards de dollars sur dix ans. Outre l’essor du commerce électronique, cette connexion favorisera le traitement de données minières, l’émergence de plateformes locales d’e-learning et de télémédecine, ainsi que la modernisation de l’administration numérique.

D’un coût total évalué entre 15 et 20 millions de dollars, le chantier sera confié à un consortium incluant Bandwidth and Cloud Services Group (BCS), société mauricienne spécialisée dans les infrastructures numériques. Le déploiement est prévu pour débuter au premier trimestre de 2026, avec une mise en service complète avant fin 2027.

Au-delà de sa dimension technique, cette interconnexion de la fibre optique symbolise la transformation du lac Tanganyika en un véritable pont technologique. Elle illustre la volonté conjointe de Kinshasa et Dodoma de renforcer leur intégration régionale par le numérique, tout en positionnant la Tanzanie comme un hub digital majeur en Afrique de l’Est et la RDC comme un acteur central de la connectivité transfrontalière.

Toutefois, les défis demeurent. La pose d’un câble sous-marin dans un environnement naturel aussi vaste et profond que le Tanganyika exigera une coordination rigoureuse, une sécurisation accrue des infrastructures et une attention particulière à l’impact environnemental. Les deux gouvernements devront veiller à ce que les populations locales soient les premières bénéficiaires de cette révolution numérique en devenir.

Ce projet, à la croisée du développement et de la technologie, marque une nouvelle ère pour la région des Grands Lacs : celle où les frontières s’effacent au profit de la connectivité et du progrès partagé.